Quels animaux lapent et le font-ils tous de la même manière ?

Pour boire, certains animaux dépourvus de joues sont obligé de laper. C’est notamment le cas des carnivores, mais tous ne s’y prennent pas de la même manière. Dans les rangs de nos animaux de compagnie, les principaux concernés sont les chiens et chats. Les experts de la méthode restent toutefois les félins qui arrivent, par une technique qui leur est propre, à laper sans se mouiller. On fait le point !

Chiens et chats, les animaux qui lapent

Les chats et les chiens sont des animaux qui lapent. Et s’ils le font pour boire, ce n’est pas vraiment par choix, mais plutôt par obligation. Nous vous le disions, tous les animaux dépourvus de joues doivent laper pour s’abreuver, ce qui est le cas des chiens et chats. Rappelons aussi que, bien qu’ils lapent, félins et chiens ne le font pas de la même manière (on vous en parle un peu plus bas). Pour le démontrer, plusieurs études sérieuses ont été menées par des chercheurs à l’aide de caméras high tech, filmant et observant les deux animaux de compagnie favoris des Suisses en train de boire. Leurs observations ont ensuite été modélisées, et ont démontré que chiens et chats avaient recours à des techniques différentes pour laper.

En bons carnivores, chiens et chats ont naturellement une gueule fendue, parfaitement adaptée à la chasse et à la saisie des proies. C’est la raison pour laquelle ils n’ont pas de joues. Pour boire, ils effleurent la surface du liquide avec la langue. C’est ce qu’on appelle laper. Les autres mammifères pourvus de joues boivent comme nous le faisons : par succion. Autrement dit, ils emmagasinent le liquide dans leurs joues pour boire sans interruption. Ce n’est pas le cas des carnivores. A ce niveau, il existe une différence notable entre chats et chiens. Les premiers, éminemment sophistiqués et délicats, arrivent à laper sans éclaboussures, sans se salir les babines. Les seconds, quant à eux, sont un peu plus goinfres, et cela se voit à leur manière de manger leur gamelle !

Laper avec élégance, une spécialité féline !

chat qui lape

Des scientifiques américains ont dévoilé le secret des félins pour laper sans jamais se mouiller. Selon les chercheurs du prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT) et de l’Université de Princeton, les félins ont une technique particulière qui leur permet de laper avec élégance, en laissant leurs babines intactes. Pas une goutte d’eau ou de lait !

Grâce à l’observation vidéo des félins, l’équipe en charge du projet a levé le voile sur la manière dont les félins sauvages et les chats domestiques lapent. Il en ressort que ces animaux ont un secret bien gardé : l’utilisation de l’équilibre entre la gravité et l’inertie, deux forces connues de la physique. Bien avant l’étude menée conjointement par les chercheurs du MIT et de l’Université de Princeton, l’observation avait montré que les chats s’abreuvent en étendant leur langue et en courbant son extrémité pour former une sorte de louche. On doit cette découverte qui date de 1940 à un ingénieur du même MIT, qui a étudié des chats qui lapent à l’aide d’une caméra.

De toute évidence, la caméra utilisée en 1940 n’a rien à voir avec celles disponibles aujourd’hui. C’est grâce aux caméras à grande vitesse que les chercheurs actuels ont pu découvrir la technique féline en détail : contrairement aux chiens, les félins ne touchent le liquide qu’avec l’extrémité de la langue. Cela peut sembler incroyable, mais il faut savoir que la découverte des scientifiques a fait la une de la célèbre revue Science. En cause, la technique éminemment subtile et sophistiquée utilisée par les félins. On vous l’explique en détail.

Nous vous le disions, pour s’abreuver, un chat ou un tigre ne touche le liquide qu’avec le bout de la langue, formée en louche. Là où les choses deviennent intéressantes, c’est au niveau du mécanisme qui permet au félin de laper sans se souiller les babines. Après avoir effleuré la surface du liquide, l’animal rétracte rapidement sa langue, ce qui a pour effet de créer une colonne de liquide entre sa langue et la surface du liquide. Il referme ensuite sa gueule pour boire, ce qui a le don de laisser ses babines intactes.

Pour arriver à un tel résultat, rappelons que les félins, certainement sans le savoir, utilisent l’équilibre délicat entre deux forces de la physique : la gravité et l’inertie. C’est la première, plus connue, qui attire le liquide vers le bol. Quant à la seconde, elle désigne la tendance des liquides et des objets à poursuivre leur mouvement (à moins qu’une force ne s’y oppose). D’instinct, le félin connait la fréquence et la rapidité à laquelle il doit laper pour garder l’équilibre entre gravité et inertie : 4 fois par seconde en moyenne.

Selon les calculs des chercheurs du MIT et de l’Université de Princeton, un chat domestique récupère environ 0,1 millilitre de liquide chaque fois qu’il lape. Les félins plus gros, notamment les tigres, arrivent à ralentir le mouvement tout en gardant l’équilibre précaire entre la gravité et l’inertie, ce qui leur permet de laper plus lentement.

Comment lape un chien ?

Si plusieurs études ont été consacrées à la manière de laper des félins, peu sont celles qui se sont intéressé aux chiens. La raison à cela est que la technique féline intrigue par sa complexité et sa sophistication. On considère en revanche la technique du chien comme étant primaire : plonger la langue formée en pelle dans le liquide pour le faire remonter dans leur gosier. Mais en réalité, les choses sont un peu plus compliquées que cela.

Après l’étude conjointe des chercheurs du MIT et de l’Université de Princeton, d’autres scientifiques américains se sont intéressé de plus près à la technique utilisée par les chiens pour laper. Ils se sont particulièrement penchés sur la chienne-cobaye Mathilda, qu’ils ont observé au ralenti. Résultat : ils se sont aperçu que la majorité du liquide dans la pelle du chien retombait avant d’arriver dans son gosier, ce qui se rapproche de la technique utilisée par les félins.

Une autre étude de plus grande envergure s’est elle aussi intéressé à la manière qu’ont les chiens de laper. 19 chiens de races et de tailles différentes ont été observés à l’aide d’une caméra. L’hypothèse de départ de l’étude stipulait que la puissance cinétique générée par la langue de l’animal dépendait de la taille de l’organe. Après avoir étudié les vidéos, les scientifiques ont constaté qu’après avoir frappé la surface du liquide, la langue du chien se rétractait à grande vitesse dans sa gueule : 0,7 à 1.8 mètre par seconde, soit une vitesse deux fois supérieure à celle observée chez le chat. Une vitesse d’autant plus impressionnante lorsqu’on considère que la longueur et la largeur d’une langue de chien sont supérieures à celle d’un chat.

Selon les scientifiques, cette vitesse de rétractation est la principale responsable à l’effet d’instabilité qui fait qu’un chien n’arrive pas à boire sans relativement se souiller. En effet, en rétractant sa langue à grande vitesse, le chien perturbe la dynamique de la colonne de liquide, ce qui n’est pas le cas du chat, fin « physicien » qu’il est !

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