Les dents du cheval : fonctionnement et entretien

La bouche du cheval, et donc ses dents, constituent le premier sas de digestion de l’animal. Il faut savoir que contrairement aux ruminants, le cheval est un herbivore monogastrique, c’est-à-dire qu’il ne mastique pas sa nourriture une deuxième fois. D’où la nécessité d’entretenir sa dentition de manière régulière pour qu’elle remplisse pleinement son rôle de préhension des aliments et leur mastication. Vous souhaitez en savoir plus sur l’anatomie de la bouche du cheval ? Sur le rôle des dents du cheval dans son alimentation ? Les problèmes dentaires du cheval et les soins à lui apporter ? On vous dit tout sur le fonctionnement et l’entretien des dents du cheval.

L’anatomie de la bouche du cheval

Au premier abord, l’anatomie de la bouche du cheval semble parfaitement adaptée au régime alimentaire de l’animal. Une première constatation que l’observation ne fait que confirmer. Rappelons que le cheval est un herbivore monogastrique, ce qui veut dire qu’il ne rumine pas. Sa bouche constitue donc le premier compartiment de son appareil digestif, responsable de 4 fonctions essentielles, à savoir la préhension des aliments, la mastication, l’insalivation et la déglutition. Autrement dit, c’est dans la bouche que les aliments ingérés par le cheval sont prédigérés avant d’intégrer l’appareil digestif. Autre information à retenir : les dents du cheval évoluent avec l’âge. Pour vous aider à y voir plus clair, voici une revue détaillée de l’anatomie de la bouche du cheval.

Les lèvres

Le cheval est un animal surprenant. L’un des aspects les moins connus de sa personnalité est son caractère de « fin gourmet ». Le cheval est en effet un brouteur très sélectif, aidé par ses lèvres supérieure et inférieure mobiles et très sensitives, grâce à la présence de poils tactiles (vibrisses), qui l’aide aussi à se repérer dans l’espace. C’est cette sensitivité et mobilité des lèvres qui permet au cheval de procéder au tri et à la préhension des aliments qu’il ingère. 

Las mâchoires

Les deux puissantes mâchoires du cheval remplissent une fonction principale : la mastication des aliments. Rappelons, au risque de nous répéter, que le cheval est un herbivore monogastrique. Cela nécessite un bon broyage des aliments en amont de leur voyage dans le reste de l’appareil digestif, condition sine qua non à leur assimilation. Heureusement, les mâchoires supérieure et inférieure (mandibule) du cheval sont parfaitement adaptées à son régime. Concrètement, elles effectuent un mouvement circulaire, elliptique plus précisément, sous le maxillaire (la mâchoire supérieure fixe). Comme une meule, la mandibule mobile de l’animal broie les aliments efficacement. Le tout est actionné par des muscles masticatoires puissants, et relié par l’ATM (articulation temporo-mandibulaire).

Les dents du cheval, du poulain à l’âge adulte

La dentition d’un cheval adulte peut être scindée en deux catégories distinctes : les incisives et les prémolaires. Les premières, tranchantes à souhait, servent à couper l’herbe. Les secondes, quant à elles, s’occupent de broyer les aliments de sorte à les transformer en particules fines. Chez le poulain, les dents apparaissent dès la première semaine de vie, de manière progressive. On parle alors de dents de lait, soit de dentition provisoire qui se développe chez le cheval au cours de ses 8 premiers mois de vie. Ces dents de lait, ou dents lactéales, le poulain va commencer à les perdre entre l’âge de 1 et 5 ans. Elles seront progressivement remplacées par les dents définitives. A l’âge adulte, le cheval a un total de 36 dents : 12 incisives (4 pinces, 4 mitoyennes et 4 coins), 12 prémolaires et 12 molaires.

Pour compenser l’usure de la table dentaire, les dents du cheval continuent à éructer tout au long de sa vie. On parle alors de « dents hypsodontes ». Ainsi, chaque année, la dent définitive du cheval adulte connait une éruption de 2 à 3 mm, ce qui permet d’estimer l’âge du cheval par simple examen de sa dentition.

Langue et glandes salivaires

L’anatomie de la bouche du cheval est complétée par la langue et les glandes salivaires. La première sert à trier et à déplacer les aliments dans la bouche de l’animal, tandis que les seconds sécrètent la salive pour les humidifier et améliorer la digestion.

Un cheval a-t-il besoin de soins dentaires ?

A l’instar des chiens ou des chats, les chevaux ont besoin de soins dentaires réguliers chez le vétérinaire. On pourrait se poser la question de la nécessité de ces soins pour un animal, à l’origine, sauvage. La dentisterie équine ne tient pas tant au cheval qu’à son environnement de vie domestique. Il est maintenant établi que la dentition du cheval est parfaitement adaptée à son régime alimentaire herbivore. Dans la nature, un cheval peut nonchalamment mastiquer dans les pâturages pendant 14 heures par jour. Cela dit, le mode de vie domestique a entraîné une modification de l’alimentation de l’animal, qui passe moins de temps à mastiquer. De plus, le type d’aliment généralement consommé par un cheval domestique peut modifier son mode de mastication.

Les chevaux mastiquent naturellement leur nourriture de manière elliptique ou circulaire. A l'état sauvage, lors de la mastication du fourrage, l'ampleur du mouvement latéral est importante et couvre la totalité de la surface de broyage des dents, y compris les bords. Chez les chevaux domestiques, ce mouvement latéral peut être réduit, et l’animal ne broie généralement pas jusqu'au bord des dents. La surface centrale de la dent peut donc s'user plus rapidement que les bords, qui deviennent alors longs et pointus.

Les problèmes de dents fréquents chez le cheval

Nous vous le disions, les chevaux mastiquent leur nourriture dans un mouvement circulaire, ce qui entraîne une usure inégale des dents et la formation de plusieurs pointes acérées. Si le problème n’est pas détecté et corrigé rapidement, il peut causer des blessures dans la bouche du cheval. D’où la nécessité d’un examen biannuel chez le vétérinaire. Tout au long de sa vie, le cheval peut également être sujet à d’autres problèmes dentaires, notamment :

  • Une usure anormale des dents
  • L’apparition de pointes acérées sur les dents des mâchoires supérieure et inférieure qui peut provoquer des ulcères douloureux ou une érosion de tissus mous sur la joue ou la langue 
  • Mâchoire supérieure plus avancée que la mâchoire inférieure (cheval bégu) 
  • Caries dentaires 
  • Abcès de la racine dentaire 
  • Anomalies au niveau des incisives…

Quels soins pour la dentition du cheval ?

L’examen et l’entretien des dents du cheval par un vétérinaire équin doit se faire au moins une fois par an, idéalement tous les 6 mois. Le soin le plus fréquent pour un cheval domestique consiste en un râpage dentaire, soit le fait de limer les surdents. Cette opération est effectuée régulièrement en fonction de l'âge du cheval et de l'état de santé de sa bouche. Avant de râper les dents, il faut d'abord procéder à un examen approfondi de la bouche. Cela ne peut être fait correctement qu'en utilisant une râpe électrique ou manuelle et un pas-d’âne. Ce dernier sert à maintenir la bouche de l’animal ouverte, ce qui permet au praticien de regarder et de toucher l'intérieur de la bouche du cheval afin de vérifier la présence de pointes acérées, mais aussi d'autres problèmes tels que des dents cassées ou manquantes. Ce n'est qu'après l'examen de la bouche que les dents seront râpées. Il existe de nombreux types de râpes dentaires et le praticien disposera d'une gamme d'instruments permettant de travailler sur les dents de différentes parties de la bouche. Les chevaux tolèrent généralement très bien le râpage des dents, mais il peut arriver qu'un vétérinaire doive administrer un sédatif au cheval.

Soins dentaires du cheval

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