La teigne chez le cheval

Probablement l’une des affections cutanées les plus fréquentes chez le cheval, les teignes se manifestent généralement par des lésions rondes et dépilées au niveau de la peau. Pour ne rien arranger, la maladie est très contagieuse, se propageant rapidement d’un cheval à l’autre. Plus grave encore, certains agents de teigne peuvent être transmissibles à l’homme. Heureusement, les teignes ne sont pas considérées comme graves. C’est surtout leur haut niveau de contagiosité et leur gestion particulièrement contraignante qui pose problème.

Qu’est-ce que la teigne chez le cheval, et comment la reconnaître ?

Assez fréquente chez les équidés, la teigne du cheval est une mycose cutanée très contagieuse, causée par le développement de dermatophytes, des champignons filamenteux. Chez le cheval, l’agent de teigne le plus courant est le Trichophyton equinum. Sachez par ailleurs que certains champignons vivent exclusivement sur le cheval, tandis que d’autres vivent et se propagent sur le sol.

Retenons que la teigne est une affection extrêmement contagieuse, capable de se propager très rapidement dans un centre équestre ou un haras. Lorsqu’elle n’est pas correctement prise en charge, la maladie passera d’un équidé à l’autre. Il ne faut également pas ignorer le risque de transmissibilité à l’homme.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la teigne du cheval n’est pas saisonnière. En effet, elle peut toucher les chevaux tout au long de l’année. La raison à cela est que la plupart des chevaux aujourd’hui séjournent à l’année dans les écuries, là om les dermatophytes se développement, profitant des conditions idéales d’humidité et de chaleur.

Comment reconnaître la teigne chez le cheval ? Tout commence lors de la phase d’incubation, qui peut durer d’une semaine à un mois. Durant cette phase, il est courant d’observer des lésions cutanées visibles à l’œil nu, faisant suite à la multiplication des filaments mycéliens du champignon dans le follicule pileux du cheval. Au tout début de la manifestation de la maladie, les petites touffes de poils surélevés peuvent aisément être confondues avec des piqûres d’insectes. Ce n’est que par la suite que les poils vont tomber pour révéler la vraie nature des lésions, formant une sorte de dépilation ronde. C’est là le premier signe distinctif de la teigne chez le cheval. Il faut savoir que la rondeur et la taille des lésions cutanées est fonction de l’agent de teigne ayant causé l’affection. Enfin, sachez qu’à la différence des gales, les lésions causées par la teigne ne grattent pas le cheval.

Teigne du cheval : une affection extrêmement contagieuse

La teigne du cheval n’est pas une affection grave d’un point de vue médical, cela est entendu. Mais elle est particulièrement contraignante en raison de son haut niveau de transmissibilité. En effet, les teignes s’avèrent très persistantes dans le milieu environnant, pouvant rester pus d’un an dans certaines écuries. La raison à cela est que le dermatophyte a la capacité de se reproduire par spores ultra résistants, qui arrivent à supporter les conditions extérieures les plus défavorables.

Par ailleurs, il faut savoir que la transmission du champignon responsable de la teigne du cheval peu se faire de manière directe (contact entre les animaux ou entre le cheval et le propriétaire) ou indirecte (piqûres d’insectes, partage de matériel de pansage, abreuvoirs communs…). De plus, les spores ou les dermatophytes peuplent le sol lorsque le cheval perd des fragments de poils, et peuvent donc affecter tout autre équidé à cet endroit.

Les facteurs favorisants

A ce jour, on ne peut affirmer qu’il existe des prédispositions au développement de la teigne chez le cheval. Cela dit, les jeunes équidés sont de fait plus sensibles à l’affection, en raison de l’immaturité de leur système immunitaire. Attention, cela ne veut pas dire qu’ils sont plus concernés par la teigne que les autres. En effet, cette affection peut toucher n’importe quel équidé, peu importe leur âge ou leur sexe. A noter toutefois que certains facteurs peuvent favoriser le développement de la teigne, notamment les carences en vitamines et oligoéléments, la présence de poux, les traitements prolongés aux antibiotiques…

Quel traitement pour soigner la teigne chez le cheval ?

Dans la plupart des cas, les chevaux peuvent guérir de la teigne sans traitement. Mais pour éviter les risques de propagation de l’affection, il est vivement recommandé de traiter le cheval dès que vous observez les premiers signes de la maladie. A ce niveau, sachez qu’il existe principalement deux types de traitements de la teigne chez le cheval :

  • Un traitement local par la friction d’antifongique sur tout le corps du cheval, en particulier l’énilconazole. Selon les cas, votre vétérinaire pourra recommander la tonte de l’équidé pour limiter la propagation du champignon ;
  • Plus rarement, les vétérinaires prescrivent un traitement complémentaire par voie orale dans les cas de teigne les plus graves. Toutefois, l’efficacité de cette forme de traitement n’a été jusqu’ici démontrée que sur Trichophyton equinum.

En plus du traitement local ou par voie orale, il est généralement conseillé de désinfecter les lésions cutanées du cheval à l’aide d’un antiseptique à base d’iode, ce qui permet de limiter le risque de surinfection et de développement du champignon. Gardez à l’esprit que la malade est très contagieuse et qu’elle peut être transmissible à l’homme. Veillez donc à porter des gants avant de vous occuper du cheval, de vous désinfecter les mains après coup, et à séparer l’animal malade de ses congénères.

Teigne du cheval : mieux vaut prévenir que guérir !

Rendons-nous à l’évidence : il y a de fortes chances que la teigne chez le cheval soit présente dans votre écurie. En tout cas, on sait qu’elle est présente dans la majorité des écuries sous forme de spores en dormance. La bonne nouvelle est que l’affection doit d’abord contourner le système immunitaire du cheval, sa première ligne de défense contre la maladie. Vous l’aurez donc compris, il est très important d’agir sur ce volet en renforçant l’immunité de l’animal à l’aide d’une alimentation adaptée. 

Il est tout aussi important de suivre des mesures d’hygiène strictes dans l’écurie pour éviter toute contamination. Pour cela, veillez à ce que chaque cheval soit lavé régulièrement, et dispose de son propre matériel de pansage, sa selle, ses couvertures, ses tapis… Dans la mesure du possible, faites aussi en sorte que chaque équidé ait son filet, licol, sangle et harnais individualisés. Toujours dans une optique d’hygiène, il est essentiel d’assurer une bonne ventilation du bâtiment, en plus d’éviter les échanges de matériel entre les chevaux. Notre conseil : faites une désinfection annuelle de vos écuries pour éviter la résurgence de la teigne.

Autre bonne pratique à observer : pensez à respecter une période de quarantaine lors de l’introduction d’un nouveau cheval à l’écurie. Autrement dit, avant d’introduire l’équidé dans un troupeau, gardez-le en isolation pendant une période correspondant à la durée d’incubation à la teigne. Pendant ce temps, réservez-lui un matériel individualisé.

Vous soupçonnez un cas de teigne chez votre cheval ? Demandez conseil à un vétérinaire en allant sur notre rubrique annonces !