Avec son apparence de félin sauvage en version miniature, ce chat attire tous les regards. Aimant se dépenser physiquement, il est néanmoins très attaché à ses propriétaires. 

Adopter un bengal amène immanquablement de la vie dans une maison! Car même si son caractère s’est assagi par rapport à ses ancêtres sauvages, ce chat a du tempérament. Véritable fauve d’intérieur, il a transformé son instinct de chasse en goût pour le jeu. Il adore sauter et grimper partout. «J’apprécie la vivacité de ce félin, qui est tout sauf pantouflard, se félicite Clara Pellaton, de Collombey (VS). Certains d’entre eux rapportent même les jouets qu’on leur lance. Mais je dois admettre qu’ils sont plus difficiles à éduquer qu’un chat domestique classique. Il faut leur dire plusieurs fois non avant qu’ils acceptent de se plier à nos exigences.» 

L’énergie débordante du bengal tient dans ses origines. Il est en effet issu du croisement avec le chat léopard du Bengale, un félin sauvage qui vit en Asie. «J’ai été séduit par sa prestance, s’enthousiasme Didier Mainand. Son caractère évoque une panthère miniature. Il peut se dorer au soleil, puis s’élancer à vive allure dans le jardin en développant sa puissante musculature.» Depuis quelques années, le couple élève cette race sous l’affixe du Lotus noir, après avoir adopté Gaïdon, leur premier bengal. 

Un pelage singulier 

En caressant Rover, le mâle reproducteur, on est surpris par la texture du pelage, particulièrement doux et fourni, malgré le poil court. Les rosettes disséminées de manière régulière sur son corps rappellent indéniablement la fourrure d’un léopard. «Notre objectif est de s’approcher au plus près de l’aspect du chat sauvage, explique Didier Mainand. Même s’il existe plusieurs déclinaisons de couleurs, du gris clair au noir, nous privilégions une robe brun caramel.» Au fil des générations, les éleveurs ont essayé de maintenir au maximum les caractéristiques physiques du chat léopard du Bengale, tout en adoucissant son tempérament, afin qu’il puisse s’adapter à la vie domestique. «Certains sont plus indépendants que d’autres, témoigne le Valaisan. Souvent, ils s’attachent à une personne en particulier. Une de nos femelles, Jedy, m’appelle ainsi chaque soir pour rester un moment près de moi.» 

Accroître la diversité génétique 

Actuellement, le couple possède quatre femelles et un mâle reproducteur, sans compter les retraités qui restent dans la famille. Prochainement, une femelle en provenance d’Ukraine va renouveler la génétique de l’élevage. «En Suisse, la population est réduite, si bien que les différents reproducteurs sont souvent apparentés, d’autant plus que la race est encore jeune, souligne Clara Pellaton. Pour limiter la consanguinité, il est indispensable d’acquérir parfois un sujet à l’étranger.» 

Le couple expose ses chats en concours: «Nous visons pour chaque reproducteur le titre de champion suisse, qui implique trois premières places dans sa catégorie. L’avis extérieur d’un juge sur les qualités et défauts éventuels de nos protégés est important pour améliorer nos lignées.» Des tests génétiques – qui leur permettent d’exclure des maladies pouvant toucher le bengal, ainsi que de déterminer avec exactitude la couleur – les aident ensuite à affiner leurs choix d’élevage. «Nous ciblons les mariages en fonction de la robe voulue, indique Clara Pellaton. Une fois les chatons nés, ceux-ci requièrent toute mon attention. Je passe en effet beaucoup de temps à m’en occuper et à les caresser, afin de bien les sociabiliser et les habituer à l’être humain.» 

Bengal
Clara Pellaton et Didier Mainand sont tombés sous le charme du bengal. Issu du croisement avec un félin sauvage, ce chat a gardé l’aspect et la vivacité d’un fauve.
Bengal
Connor, mâle âgé de 3 mois.

Fiche signalétique

  • Origine États-Unis. 
  • Morphologie Chat de taille moyenne à grande, avec un corps athlétique et une tête triangulaire plutôt petite. Le poil court est soyeux au toucher. La robe, avec ses rosettes typiques, constitue le trait caractéristique de la race. Deux dessins sont admis: le marbré et le tacheté. Il existe plusieurs couleurs. 
  • Particularité Issu du mariage entre le chat léopard du Bengale, un félin sauvage, et des chats domestiques de race american shorthair, mau égyptien, burmese et siamois. Les premiers croisements datent de 1963. Un travail de sélection a ensuite eu lieu, afin de garder l’apparence physique d’un félin sauvage, tout en obtenant un caractère proche du chat domestique. La race a été reconnue officiellement en 1991. Désormais, les croisements avec des chats léopards du Bengale ne sont plus autorisés. 
  • Prix 1700 à 2200 francs selon la robe pour un chat vacciné, avec pedigree et identifié avec une puce électronique. 
  • Ses points forts Sa beauté et son originalité. Son dynamisme et son intelligence. 
  • Ses points faibles Son prix plus élevé que la moyenne. Sa fragilité intestinale. 
  • Élevages en Suisse romande Le Lotus noir, Clara Pellaton et Didier Mainand, Collombey (VS), www.lotusnoir.ch, Jardin du Bonheur, Romanel-sur- Lausanne (VD), www.catsiam.ch, Élevage Glitterine, Morrens (VD), www.glitterine.ch 

Témoignage d'une propriétaire

Laura Bourret

Laura Bourret, de Lutry (VD), Meeko, Mystic et Noctali 

«J’aime le tempérament vif et sociable de mes trois bengals... bien qu’il faille parfois un peu d’humour pour supporter les tours qu’ils nous jouent. Ils ont chacun des personnalités très marquées. Mystic, qui adore l’eau, aime ainsi prendre sa douche avec moi. Noctali ouvrait si régulièrement la porte du congélateur que j’ai dû trouver une astuce pour l’en empêcher. Quant à Meeko, qui aime se coucher le soir dans mon lit, il me réprimande avec des miaulements vigoureux si je viens plus tard que d’habitude. Leur morphologie athlétique et leur pelage, si doux au toucher, ajoutent à leur beauté!» 


Véronique Curchod