Les petits strongles chez le cheval : qu’est-ce que c’est ?

Saviez-vous que les cyathostomes, communément appelés petits strongles, sont les vers les plus fréquemment rencontrés chez le cheval ? Eh bien c’est le cas, à tel point qu’il est rare qu’un élevage équin en Europe y échappe. Que sont les petits strongles chez le cheval ? Comment les diagnostiquer ? Quel traitement pour les petits strongles chez le cheval et comment les prévenir ? On vous dit tout !

Petits strongles chez le cheval : de quoi parle-t-on ?

Nous vous le disions, les cyathostomes, ou petits strongles, sont les parasites les plus fréquemment rencontrés chez les équidés. A l’âge adulte, ces vers pathogènes qui vivent dans le gros intestin du cheval mesurent de 1 à 2 cm, et il en existe plus de 50 espèces différentes ! Les stades larvaires, quant à eux, rentrent parfois dans la paroi de l’intestin de l’animal, et peuvent être observables dans ses crottins en raison de leur couleur rouge caractéristique. Tout cela pour vous dire que le problème, s’il n’est pas réellement grave, est en tout cas très courant dans les élevages équins.

Quels sont les chevaux concernés par les petits strongles ? En bref, tous, peu importe leur âge. En effet, l’infestation, qui a souvent lieu dans les paddocks ou au près, peut aussi bien concerner les poulains (à partir de 6 mois) que les chevaux adultes. L’infestation est certes très fréquente, mais les chevaux arrivent (heureusement) à développer une immunité contre les cyathostomes. Cela dit, celle-ci n’est que partielle et ne concerne que les réinfestations. Elle est aussi très variable d’un animal à l’autre.

Le cycle de vie des petits strongles

Commençons par rappeler que la contamination aux petits strongles a essentiellement lieu au près et dans les paddocks. Rappelons également que les cyathostomes adultes vivent dans le gros intestin du cheval. De ce fait, les œufs pondus par les petits strongles femelles sont éliminés dans les crottins de l’animal. Lorsqu’ils sont dans le milieu extérieur, ces mêmes œufs libèrent les larves. Au fil du temps, ces dernières se développent et atteignent un stade infestant, contaminant l’herbe alentour quand les conditions d’humidité sont adéquates. Il faut savoir que les larves ont besoin d’eau pour se déplacer, raison pour laquelle elles sont plus susceptibles de contaminer la pâture par temps humide. En revanche, elles restent captives des crottins du cheval par temps sec.

Devinez la suite ? Les chevaux, en broutant l’herbe en pâture, ingèrent les larves infestantes qui vont dès lors s’enkyster dans le tube digestif de l’animal, plus précisément au niveau de la muqueuse. Au bout de 1 à 2 mois, les larves atteignent l’âge adulte, et forment des kystes larvaires sous formes de nodules de couleur rougeâtre.

Parlons à présent du phénomène d’hypobiose. A ce stade, vous savez que les larves infestantes ingérées par le cheval s’enkystent 1 à 2 mois dans la muqueuse du tube digestif. Mais ce n’est pas toujours le cas. Durant la saison hivernale, il est possible que ces larves s’enkystent pour une durée beaucoup plus longue. Elles peuvent même attendre jusqu’à la fin de l’hiver et le début de la belle saison. On parle alors de phénomène d’hypobiose, dont la conséquence directe est l’accumulation de kystes larvaires dans la muqueuse de l’intestin du cheval, des kystes qui vont tous se réactiver, de manière massive et synchronisée, dès qu’il commence à faire beau. C’est précisément dans ce cas que la maladie s’avère être la plus grave. 

Petits strongles chez le cheval : symptômes et diagnostic

Fort heureusement, l’infestation par les cyathostomes n’a généralement aucune gravité pour les chevaux, à de rares exceptions près, notamment en cas de phénomène d’hypobiose. Cela dit, des symptômes sont observables chez la plupart des chevaux : diarrhée, amaigrissement, baisse de forme, colique… Et comme on compte près de 50 espèces de petits strongles chez le cheval, il n’est pas rare qu’un animal soit infesté par plusieurs d’entre elles simultanément.

Revenons au phénomène d’hypobiose. Celui-ci entraîne les signes les plus graves de la maladie, plus particulièrement celui communément appelé « cyathostomose larvaire », qui désigne le développement d’un nombre élevé de kystes larvaires. Par conséquent, la muqueuse digestive est grandement touchée, ce qui donne lieu  des diarrhées, fièvre, une perte de poids importante et rapide et, plus rarement, des coliques. Plus grave encore, la cyathostomose larvaire, qui concerne essentiellement les jeunes chevaux de moins de 7 ans, peut mener à la mort de l’équidé.

Les petits strongles chez le cheval ne sont souvent pas graves, mais ils peuvent l’être. D’où l’importance du diagnostic précoce. Mais comment savoir qu’un cheval est contaminé par les petits strongles ? Le diagnostic des petits strongles chez le cheval peut se faire par l’observation visuelle de vers rougeâtres dans les crottins de l’animal. Cela dit, il est souvent essentiel de rechercher les œufs dans les crottins par coproscopie (au microscope), et de les mettre en culture en laboratoire spécialisé pour savoir s’il s’agit de petits ou de grands strongles.

Par ailleurs, il faut savoir que l’utilité d’une coproscopie est qu’elle permet d’évaluer le statut parasitaire de l’élevage équin et l’efficacité d’un programme de vermifugation. Elle permet également d’identifier les chevaux concernés par les petits strongles, et de ne traiter que ceux qui montrent les signes d’une infestation importante. Toutefois, soulignons qu’il n’existe à l’heure actuelle aucun diagnostic qui permet d’identifier les petits strongles enkystés de manière fiable. La raison à cela est que les larves ne pondent pas encore d’œufs à ce stade. Or, vous le savez maintenant, les œufs sont les seuls signes visibles de la contamination.

Cyathostomes : traitement et prévention

Vétérinaire avec un cheval

Comment traiter les petits strongles chez le cheval ? Comment prévenir les cyathostomes chez le cheval ? Autant de questions qui reviennent très souvent, et auxquelles nous allons tenter d’apporter une réponse détaillée.

Tout d’abord, sachez que les petits strongles ont développé une certaine résistance aux vermifuges. En effet, l’efficacité de la molécule utilisée varie d’un élevage équin à l’autre, raison pour laquelle le protocole de lutte contre les petits strongles chez les chevaux n’est plus systématique, comme ce fut le cas il y a quelques années. Il est essentiel que la vermifugation des équidés soit réfléchi, de manière à optimiser son efficacité. Il faut laisser le soin au vétérinaire de choisir la molécule la plus adaptée, puis la tester via un examen des crottins avant et après la vermifugation.

Compte tenu de la fréquence de vermifugation, il est conseillé d’adopter le protocole une fois tous les 3 mois pour les jeunes chevaux de moins de 2 ans, et deux fois par an pour les chevaux plus âgés. Pour anticiper les graves conséquences de la cyathostomose larvaire, qui concerne surtout les chevaux de moins de 4 ans, il est recommandé de vermifuger les équidés automatiquement à la fin de saison de pâture. A ce moment, il faudra utiliser une molécule efficace contre les formes larvaires, comme par exemple l'ivermectine ou le fenbendazole.

Parlons prévention. L’idéal serait d’adopter un plan de vermifugation stratégique. Le but est de traiter uniquement les chevaux qui ont en besoin et de réduire les risques de résistance des petits strongles. Pour mettre en place un tel plan, il est nécessaire de réaliser des coproscopies régulières sur les chevaux adultes. Enfin, vous pouvez limiter les risques de contamination en enlevant systématiquement les crottins des pâtures.

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