Avec le retour du printemps, les tiques passent à l’offensive. Les pathologies transmises par ces acariens suceurs de sang touchent tout particulièrement les chiens.

L’arrivée des beaux jours incite les propriétaires de chiens à profiter plus longuement de balades en pleine nature. Mais ils ne sont pas les seuls à bénéficier de ce temps plus clément. Dès le mois mars, les tiques sont à nouveau particulièrement actives. L’an dernier avait vu un nombre record de piqûres causées par cet acarien. Il est fort probable qu’on assiste ce printemps à une nouvelle vague, la situation sanitaire actuelle favorisant les sorties en campagne. «Si les tiques peuvent causer des irritations locales de la peau, elles sont surtout redoutées comme vectrices de maladies», prévient Caroline Frey, codirectrice de l’Institut de parasitologie de l’Université de Berne. Les chiens sont particulièrement exposés à diverses pathologies, dont la piroplasmose, notamment. Le risque est en augmentation, selon les observateurs. «De nouveaux foyers ont en effet été détectés ces dernières années sur le Plateau suisse, constate la parasitologue. Cette maladie, qui provoque une destruction des globules rouges, était auparavant uniquement observée dans le bassin lémanique, où elle est répandue depuis longtemps.» Bien que les causes ne soient pas clairement définies, il semble que le réchauffement climatique, de même que notre mode de vie actuel, qui voit les chiens accompagner leur propriétaire dans ses multiples activités quotidiennes, favorisent la propagation des populations de tiques dans de nouveaux territoires et, par conséquent, les autres pathologies qu’elles transmettent. 

Des symptômes peu spécifiques 

Les tiques sont en effet vectrices de nombreuses affections graves, comme l’ehrlichiose et la borréliose, connue également sous le nom de maladie de Lyme. N’étant toutefois pas soumises à une annonce obligatoire, il est difficile de savoir combien de cas se déclarent chaque année. «Certaines de ces maladies peuvent évoluer de façon très rapide et sont quelquefois mortelles, signale Christine de Conto, vétérinaire à Gland (VD). Les symptômes cliniques variés, souvent peu marqués et atypiques, rendent parfois le diagnostic difficile à poser. Fièvre, troubles neurologiques, boiterie, apathie, coloration des urines ou inappétence peuvent être aussi bien le signe d’une pathologie liée aux tiques que de nombreuses autres affections.» 

Un risque toute l’année 

La rapidité de la pose du diagnostic joue un rôle déterminant dans les chances de guérison. Pour l’heure, les cabinets vétérinaires n’observent cependant pas d’augmentation significative des cas, bien que le nombre de tiques porteuses d’agents pathogènes croisse. «Les propriétaires protègent davantage leur animal avec des antiparasitaires que par le passé», constate la vétérinaire vaudoise. Les sensibiliser encore fortement à cette problématique permettrait de limiter les cas. «Trop souvent, on assimile la menace liée aux tiques uniquement aux séjours à l’étranger, observe Caroline Frey. Or, ce n’est plus le cas.» 

Même si on parle «des tiques», il en existe en réalité plusieurs espèces différentes. Et chacune est responsable de la transmission de certains agents pathogènes uniquement. «La plus présente est la tique des bois (Ixodes ricinus), qu’on trouve jusqu’à 1500 mètres d’altitude, relève Caroline Frey. Entre 30 et 50% d’entre elles sont porteuses de la borréliose. Les piqûres ont lieu majoritairement de mars à novembre.» Cependant, une autre espèce, responsable notamment de la transmission de la piroplasmose canine, est active dès 5°C. L’hiver n’est donc pas forcément synonyme de risque zéro! «Les propriétaires de chiens doivent être conscients que, hormis en cas de grand froid, les tiques sont présentes quasiment toute l’année», met en garde la spécialiste.


Eviter les piqûres

Protéger son animal contre les tiques est aussi important pour la santé des humains qu’il côtoie. Le chien ou le chat peuvent en effet transporter sur leur pelage ces acariens, qui migreront potentiellement sur leur propriétaire. De plus, certaines des maladies qui affectent les canidés sont des zoonoses, qui concernent aussi l’homme. C’est le cas notamment de la borréliose. Si une tique a piqué son hôte, elle doit être enlevée le plus vite possible, afin de réduire le risque de transmission de pathogènes. On estime que les virus peuvent contaminer l’hôte en quelques minutes, alors que plus de douze heures sont nécessaires pour les bactéries.

Chien dans la forêt
Les lisières de forêt sont des habitats qu’affectionnent les tiques. Il est donc essentiel de protéger son chien pour éviter qu’il ne soit touché par une des maladies que ces acariens peuvent transmettre.

Véronique Curchod

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