La robe noire de jais de ce chat extrêmement rare, rehaussée par des yeux cuivrés, fait tout le charme de ce félin. Son tempérament sociable et amical en fait un compagnon particulièrement attachant. 

Au Landeron (NE), sept chatons s’amusent ensemble dans l’appartement d’Anne et de Florent Walther. A priori, rien d’extraordinaire à cela, si ce n’est que ces boules de poils appartiennent à une race extrêmement rare en Suisse: le bombay. Le couple est actuellement le seul à élever ce chat dans notre pays. La naissance quasi simultanée de deux portées est donc un événement d’autant plus exceptionnel! «Je ne m’explique pas pourquoi ce chat n’est pas plus répandu chez nous, observe Florent Walther. Peut-être est-ce dû à sa couleur unique, qui le rend moins attractif pour les éleveurs? Ou à sa robe noire, qui est pour certains encore liée à des superstitions? Même si plus personne n’y croit réellement, de nombreuses personnes sont toujours réticentes à adopter un chat d’une couleur associée aux sorcières.» Le bombay a en effet la particularité d’être entièrement noir, du bout de sa truffe à l’extrémité de ses coussinets. On a beau chercher, on ne découvre pas un seul poil blanc. Le contraste avec ses yeux cuivrés, qui se détachent de sa robe comme deux billes jaunes, n’en est que plus saisissant. Sous les doigts, le pelage est doux et soyeux, invitant aux caresses. Mojito, le mâle de la maison, ne se fait d’ailleurs pas prier pour qu’on parcoure des doigts son habit à la texture de satin. «Le poil brillant et fin est une des caractéristiques de la race, relève Anne Walther. Il doit être lustré comme du cuir.» 

Un caractère affectueux 

Si le bombay a tout de l’allure d’une panthère noire en version miniature, la ressemblance s’arrête heureusement là. Ce petit félin n’a en effet pas une once d’agressivité. «Nous avons acquis notre premier bombay voilà vingt ans, signale Florent Walther. J’avais toujours rêvé d’avoir un chat noir. Si l’apparence de la race a éveillé mon attention, son caractère a contribué à me séduire. Moustique était toujours présente, aimant nous suivre à la trace où que nous nous déplacions dans l’appartement. De nature joyeuse, elle aimait jouer avec nous.» Les essais de reproduction avec la belle chatte s’étant avérés infructueux, les Neuchâtelois acquièrent bien des années plus tard Jazzy. Avec sa fille Luna, elle est à la base de la chatterie de l’île Saint-Pierre. Sélectionner les meilleurs reproducteurs demande cependant de la persévérance. La couleur des yeux n’est fixée que vers l’âge de 6 mois, la texture du poil entre 1 et 2 ans. Pour avoir l’avis externe de juges, le couple participe à des expositions dans toute l’Europe. 

Éviter la consanguinité 

Lorsqu’on observe les chatons se taquiner gentiment, celui dont la robe teintée de sable contraste avec ses camarades noirs éveille la curiosité. «L’une des difficultés de l’élevage de cette race récente consiste à garder ses caractéristiques, explique l’éleveur. Avec le temps, la couleur des yeux tend à se diluer en devenant moins cuivrée et la texture des poils perd sa douceur. Pour amener du sang neuf, nous faisons parfois un croisement avec un burmese zibeline, le seul autorisé à ce jour. Il peut alors arriver qu’un chaton burmese naisse au milieu de bombays.» 

Actuellement, le couple cherche à acquérir un mâle d’une lignée différente de Mojito. Le nombre de bombay étant extrêmement limité dans le monde, cette quête relève de la gageure. «Nous sommes en contact avec des éleveurs en Russie, au Canada et au Japon et ne négligeons aucune piste. Outre la lignée, le mâle doit avoir les caractéristiques morphologiques que nous recherchons. Certains éleveurs tendent à vouloir faire grandir la race. De notre côté, nous privilégions la taille originelle plus modeste.»

Anne et Florent Walther
Anne et Florent Walther apprécient le caractère affectueux du bombay. 

Chaton Bombay
un chaton, né mi-juillet à la Chatterie de l’île Saint-Pierre.

Fiche signalétique

  • Origine États-Unis. 
  • Morphologie Chat de taille moyenne à la tête arrondie, au corps musclé et compact. Son poil court et fin est d’aspect satiné, d’une couleur uniformément noir de jais. Contrairement à d’autres chats à robe noire, son pelage ne roussit pas au soleil. Les yeux, grands et ronds, sont de couleur cuivre à dorée. 
  • Particularité Cette race hybride a été créée dans les années 1960 par une Américaine qui rêvait de faire naître un chat ressemblant trait pour trait à une panthère noire miniature. Elle est issue du croisement entre un american shorthair noir et un burmese américain. Le bombay a été baptisé du nom de la plus grande ville d’Inde. En effet, dans ce pays, de nombreux léopards ont subi une mutation génétique, troquant leurs taches fauves contre une robe ébène évoquant la fameuse panthère noire. Aujourd’hui, le croisement du bombay avec le burmese zibeline est le seul autorisé. 
  • Prix 1200 à 1500 francs pour un chaton sevré, vermifugé, vacciné, avec pedigree. 
  • Ses points forts Son poil soyeux et brillant facile d’entretien. Son tempérament affectueux. Son élégance. 
  • Ses points faibles Sa rareté, qui rend son acquisition très difficile. Ne supporte pas de rester seul. 
  • Élevage romand Chatterie de l’île Saint-Pierre, Anne et Florent Walther, Le Landeron (NE), www.chatterie-ile-st-pierre.ch

Témoignage d'une propriétaire

Annette Ruffieux

Annette Ruffieux, de Gletterens (FR), et «Mélisse»  «J’ai toujours eu des chiens et je craignais de ne pas pouvoir établir une relation similaire avec un chat, réputé plus indépendant. Avec le bombay, j’avais tout faux! Mélisse communique beaucoup avec moi et sait me faire comprendre ce qui lui plaît ou non. Un jour, le chien de mon fils s’était couché sur son fauteuil. Elle est alors venue me chercher à la cuisine en miaulant pour que je l’aide à récupérer sa place favorite. Recherchant le contact, Mélisse me suit partout: je dois veiller à ne pas l’enfermer dans les armoires. J’apprécie sa curiosité vis-à-vis des amis qui viennent me trouver. Pas peureuse, elle s’approche pour leur dire bonjour. Si son caractère m’attendrit, j’admire également beaucoup la douceur de son poil, d’un noir laqué.»


Véronique Curchod