Si les chats et les chiens ont toujours la cote, des espèces plus exotiques séduisent également les amateurs d’animaux. Leur grande diversité exige de se renseigner correctement avant toute adoption. 

À cause de leur taille modeste, le rat, le hamster ou l’octodon semblent faciles à détenir. Mais attention, ce n’est pas parce qu’ils sont petits et vivent souvent en cage qu’ils ne sont pas exigeants! Les NAC – abréviations pour «nouveaux animaux de compagnie» – comprennent aussi bien des mammifères que des poissons, des reptiles, des amphibiens ou même des insectes. En fait, ils englobent tous les animaux qui partagent nos foyers, à l’exception des chats et des chiens. 

Tous ne sont pas sociables 

Parmi les mammifères, on trouve un si grand choix, de la minuscule gerbille au furet pouvant atteindre 2 kilos, qu’il n’est pas forcément évident d’opter pour telle ou telle espèce. Il est important de réfléchir à ce qu’on souhaite partager avec son animal. Si on prend plutôt du plaisir à observer le comportement naturel d’une espèce, la souris ou le chinchilla, qui n’aiment pas les manipulations, conviennent à merveille. Au contraire, les interactions avec un rat ou un cochon d’Inde sont plus importantes. «Attention cependant à ne pas avoir les mêmes attentes qu’avec un chien, met en garde Victorine Santisi, éleveuse de cochons d’Inde et de lapins à Ballens (VD). La majorité d’entre eux ne sont pas tactiles et ont besoin d’un vrai apprentissage pour accepter d’être manipulés. Si le lapin est silencieux, le cobaye s’exprime par de petits cris: on peut facilement créer un lien sonore avec lui.» L’espérance de vie relativement courte de la majorité des NAC peut être un atout si l’on ne souhaite pas s’engager pour une longue période. Un hamster vit en moyenne deux ans, une gerbille quatre ans, alors que, à l’inverse, un furet peut vivre douze ans. 

À chaque espèce ses besoins 

Le mode de vie de l’animal, en particulier sa période d’activité, doit intervenir dans le choix. Le chinchilla et le hamster étant des animaux nocturnes, qui passent leurs nuits à jouer et leurs journées à dormir, peuvent se révéler frustrants pour les personnes qui souhaitent les observer dans leurs activités. Sans compter que leurs jeux nocturnes pourraient perturber le sommeil de leur propriétaire. Le cochon d’Inde et le furet sont considérés comme des animaux diurnes. «Le lapin est plutôt crépusculaire, avec des pics d’activité le matin tôt et le soir tard», signale Victorine Santisi. 

L’espace dont on dispose doit également être pris en compte. Un hamster nécessite ainsi beaucoup moins de place qu’un lapin, qui doit pouvoir s’ébattre en liberté. Certains ont besoin de pouvoir grimper ou creuser des tunnels, comme la gerbille ou l’octodon, alors que d’autres préfèrent les surfaces planes, à l’image du cochon d’Inde. La cage doit donc être choisie en conséquence. L’alimentation étant également très différente d’une espèce à l’autre, il est important de se faire conseiller par un professionnel. «Désormais, nous avons une meilleure connaissance des besoins des NAC, ce qui leur garantit une vie plus adaptée à leurs besoins», se réjouit l’éleveuse.

Cochon d'Inde
Le cochon d’Inde fait partie des nouveaux animaux de compagnie très appréciés. Outre son caractère sociable, son look en fait le chouchou des enfants.

Les lapins sont les plus appréciés

L’acronyme NAC, pour «nouveaux animaux de compagnie», est apparu pour la première fois en 1984 dans le milieu vétérinaire. Près de trente ans plus tard, les NAC sont bien présents dans les foyers d’Helvétie. Les plus courants sont les poissons d’aquarium avec 3 millions de spécimens, suivis par les rongeurs avec 500 000 représentants. Les reptiles ferment la marche avec 370 000 individus. Aujourd’hui 7 à 10% des familles suisses possèdent au moins un NAC. Le lapin reste le mammifère le plus apprécié. 


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Quatre petits mammifères à adopter

Cochon d'Inde
Le cochon d’Inde Animal social, ce rongeur de taille moyenne a besoin de vivre au minimum par groupes de deux individus. Apprécié pour la diversité de son pelage, son calme ne doit pas faire oublier qu’il n’aime pas être manipulé. Herbivore strict, il ne synthétise pas la vitamine C et nécessite donc un complément.
Octodon
L’octodon Appelé aussi dègue du Chili, ce rongeur a une espérance de vie de 7 à 10 ans. Herbivore strict, il est sensible aux variations alimentaires. Curieux et joueur, il est actif le jour, où il démontre ses qualités de grimpeur. Son habitat sauvage est constitué de galeries, qu’il partage avec un groupe de 10 à 100 individus.
Rat
Le rat Facile à apprivoiser et particulièrement intelligent, ce rongeur omnivore est très affectueux. Grégaire, il a cependant besoin de vivre en compagnie de congénères. Vif et agile, le rat a un mode de vie nocturne. D’une longévité de deux à trois ans en moyenne, il est sensible aux tumeurs et aux maladies respiratoires.
Hamster
Le hamster N’appréciant guère la compagnie, cet animal préfère vivre seul. En journée, ce noctambule ne doit pas être dérangé. En revanche, dès le crépuscule, il devient très actif, creusant de nouveaux tunnels. Il a la particularité de posséder des poches extensibles à l’intérieur des joues, où il transporte de la nourriture.

Questions A...

Anne-Laure Nicoulaz, présidente du Club romand des amis des cochons d’Inde 

Où est-il conseillé d’adopter ses cochons d’Inde? 

Je recommande en priorité les refuges, afin de donner une deuxième chance à des animaux qui ont dû être abandonnés. Les éleveurs sont également de bons conseils, mais ils sont très rares en Suisse romande. 

Et les particuliers? 

Si on s’adresse à un particulier, qui a eu exceptionnellement une portée, il faut être attentif au sexage: il n’est pas rare de se retrouver avec un mâle au lieu d’une femelle, ou inversement. Si les naissances sont dues à un accouplement non désiré, il se peut en outre qu’on acquière un sujet consanguin, avec un capital santé amoindri. 

Cet animal est-il adapté à un enfant? 

Je conseille d’attendre que le jeune ait 10 ans au minimum avant d’adopter un cochon d’Inde, car ceux-ci n’aiment pas être manipulés. Ils conviennent donc plutôt à des enfants un peu plus âgés, qui pourront prendre plaisir à les observer, sans forcément les caresser. En dessous d’un certain âge, un enfant ne peut de toute manière pas gérer seul la responsabilité d’un animal: l’envie d’adopter et de s’occuper d’un NAC doit venir de l’adulte. Cependant, sous surveillance, les plus jeunes peuvent participer aux soins. 


Véronique Curchod