Les canidés nous épatent par leurs conditions physiques. Si on veut en faire des partenaires de course ou de randonnée au grand air, certains autres critères doivent être pris en compte pour éviter toute déconvenue.

Nombreux sont les amateurs de sport à souhaiter adopter un chien capable de les accompagner lors de leurs sorties. Quel plaisir en effet de partager son amour du grand air avec son compagnon à quatre pattes! Mais, avant de choisir la race qui correspond le mieux, il faut faire le point sur ses propres ambitions. Cherche-t-on un chien pour pratiquer la course à pied de façon intensive, version trail, pour nous suivre à vélo à un bon rythme ou seulement pour des excursions en montagne sur un mode familial? 

«Les chiens sont athlétiques par nature. Si tous aiment courir et se dépenser, leur énergie et leur endurance varient d’une race à l’autre», relève Danièle Waeber, présidente de l’Association romande des chiens de race. Il est notamment possible de trouver son bonheur parmi les chiens nordiques, ceux de berger et ceux de chasse. «Si on a envie que son chien nous tracte, on s’orientera vers une race qui aime naturellement cela, comme le greyster ou le braque, observe Florence Debons, éducatrice canine à Savièse (VS). Alors qu’on privilégiera plutôt une race légère, qu’on peut porter dans un harnais spécifique, si on imagine effectuer des passages délicats en montagne.» 

Travailler la condition physique 

Mais il faut bien entendu être conscient que chaque individu est unique: un husky peut être pantouflard alors qu’un bouvier sera ultrasportif. Contrairement aux apparences, la taille n’est pas forcément un obstacle: ainsi le jack russell, au gabarit modeste, est estimé pour ses capacités physiques. «Plus que la race, ce qui compte avant tout est d’entraîner régulièrement son chien, insiste Danièle Waeber. Même si un berger belge ou un husky sont réputés pour leur endurance, la condition physique se travaille, comme pour nous. Il n’est pas question de partir six heures en randonnée le week-end si l’animal n’est sorti que vingt minutes par jour le reste de la semaine!» 

Ne pas oublier son éducation 

Mais se baser uniquement sur le critère physique serait une erreur. Le tempérament du chien est tout aussi important. «Le mode de vie du maître, son expérience préalable avec des canidés, ses attentes doivent influencer son choix», confirme Florence Debons. Certains animaux supportent par exemple mieux que d’autres la solitude. Faire des randonnées le week-end avec son husky, mais le laisser seul la semaine dans son appartement, alors qu’on travaille à plein temps, est irresponsable. «Pour ma part, j’éviterais de choisir un chien de chasse à l’instinct développé, sous peine de ne pas pouvoir le lâcher en montagne», souligne Danièle Waeber. L’énergie naturelle de ces derniers nécessite, davantage encore que pour d’autres, une éducation sans faille. «Les races particulièrement sportives, comme le border collier ou le dalmatien, ont généralement un tempérament réactif qui demande de bonnes connaissances de l’animal, insiste la présidente de l’Association romande des chiens de race. Il est indispensable d’être encadré dès leur plus jeune âge par un professionnel, sous peine d’être dépassé.» 

Chien qui cours avec sa maîtresse
Les chiens aiment courir mais toute les races ne se prêtent pas à la pratique de sports d’endurance.

EN VEDETTE 

Quatre races bien adaptées à la pratique de disciplines sportives

Border Collie
Le border collie Ce chien de berger par excellence est endurant et excelle également dans des sports comme l’agility ou le canicross. Son hyperactivité nécessite cependant d’être bien canalisée par un sportif averti. Son intelligence nécessite aussi un certain doigté au niveau de son éducation.
Braque de Weimar
Le braque de Weimar Son poil court d’un gris aux éclats métalliques attire le regard. D’origine allemande, ce chien d’arrêt au corps athlétique a gardé son instinct de chasse. Débordant d’énergie et sensible, il a besoin de beaucoup d’exercice. Très proche de son maître, ce compagnon attachant supporte mal la solitude.
Dalmatien
Le dalmatien Popularisé par le célèbre film d’animation et identifiable au premier coup d’oeil, c’est un athlète hors pair. Affectueux, bien que d’un caractère parfois têtu et indépendant, ce chien se révèle également bon gardien. Son poil court aux taches noires ou foies facilite son entretien.
Jack Russel
Le jack russell terrier Sélectionnée pour la chasse, cette race était réputée pour sa capacité de se faufiler dans les terriers grâce à sa petite taille. Vif et curieux, ce chien très joueur, voire facétieux, est une boule d’énergie infatigable. Sa forte personnalité exige néanmoins une éducation ferme dès le plus jeune âge.

En chiffres

Des records inégalés 

  • 81 km/h, la vitesse atteinte par un lévrier greyhound. 
  • 9 m 47, la longueur du saut effectué par un berger belge malinois. 
  • 1 m 72, la hauteur du saut réalisé par un lévrier greyhound. 
  • 1757 km, la distance de l’Iditarod, la course de chiens de traîneau la plus longue du monde.

QUESTIONS À... 

Sabine Nicod, du cabinet vétérinaire du Grand-Pré, à Moudon (VD) 

Existe-t-il des contre-indications médicales pour un chien à la pratique d’un effort de longue durée? 

Il va de soi que l’animal doit être en bonne santé physique et ne pas souffrir de pathologies comme l’insuffisance cardiaque. On renoncera à une balade en montagne s’il présente des symptômes cliniques, telle que la fièvre. Un chien qui souffre d’arthrose gagnera à bouger régulièrement, pour autant qu’on modère les distances. S’il est en surpoids, cela nécessite un entraînement progressif. Certaines races, notamment celles au nez plat, ne sont pas adaptées aux longs efforts, de par leur morphologie qui affecte la respiration. 

À quoi faut-il prendre garde pour préserver la santé de son animal? 

Les propriétaires l’oublient trop souvent, mais il est essentiel d’échauffer progressivement la musculature de son chien. Il faut ainsi à tout prix éviter de lui demander une accélération à froid. On adaptera aussi l’effort aux conditions météo, en évitant les longues randonnées par forte chaleur. Et on pensera à permettre régulièrement à son animal de s’hydrater. Observer son chien au lendemain d’un exercice un peu plus important permettra de mesurer si l’intensité était adéquate: nos compagnons peuvent aussi avoir des courbatures! 


Véronique Curchod