La facture pour une maladie ou un accident peut rapidement atteindre plusieurs milliers de francs. Ce qui incite de plus en plus de propriétaires à assurer leur chien et leur chat.

Si la première assurance maladie pour animaux, Epona, a vu le jour en Suisse voilà cent vingt ans, ce ne sont désormais plus les chevaux de travail, mais avant tout les chiens et les chats qui bénéficient de cette couverture. Ces deux dernières années, le marché enregistre un bond sans précédent. «Nous constatons une progression annuelle de 30 à 40% pour le segment concernant ces deux animaux de compagnie, confirme Olivier Grangier, membre de la direction. Nous estimons aujourd’hui que près de 8% des chiens et 4% des chats sont assurés, alors qu’ils étaient deux fois moins il y a cinq ans. Ce boom s’explique probablement par la démocratisation de l’assurance animalière, avec des produits plus variés développés en fonction des besoins des propriétaires.» 

Le constat est similaire chez les autres compagnies qui proposent ce type de prestations depuis une vingtaine d’années. «La pandémie a accéléré le phénomène, le semi-confinement ayant poussé nombre de gens à adopter un animal», constate Charles Perraudin, directeur d’Animalia, une assurance qui a vu le jour en 2002. On est cependant bien loin des pays scandinaves, où près de 40% des animaux sont assurés. Du côté d’Epona, on estime qu’il n’y a aucune raison que le marché suisse n’atteigne pas ce seuil, même s’il faudra encore plusieurs années pour y parvenir. «Pour l’instant, une partie des propriétaires suisses préfèrent s’auto-assurer, en mettant eux-mêmes une somme de côté, d’autres considèrent avoir un pouvoir d’achat suffisant pour assumer un imprévu, tempère Charles Perraudin. Mais la grande majorité d’entre eux ne savent tout simplement pas que ces assurances existent!» 

Des soins toujours plus pointus 

Les primes modestes de quelques dizaines de francs par mois – contre plusieurs centaines en médecine humaine – ont de quoi attirer une nouvelle clientèle, qui ne souhaite pas être obligée de renoncer à soigner ses compagnons, faute de moyens. En outre, le développement des techniques vétérinaires ainsi que la place qu’occupe l’animal au sein du foyer ne sont certainement pas étrangers à cet intérêt grandissant pour une couverture d’assurance. Du cardiologue à l’ophtalmologue, en passant par l’oncologue: désormais, les propriétaires n’hésitent plus à faire appel à des spécialistes. Si les coûts des interventions réalisées en médecine vétérinaire n’atteignent pas ceux de médecine humaine, il faut néanmoins compter entre 2000 et 3000 francs pour une opération de ligament croisé ou une réduction de fracture avec pose de vis, des traitements chirurgicaux courants. Mais si certaines compagnies proposent une assurance maladie de base, d’autres, comme la Mobilière et Helvetia, l’intègrent comme un complément à l’assurance ménage, les animaux domestiques étant considérés comme des biens. 

Difficile de comparer 

Même si le modèle de contrat, qui comprend en général une franchise, paraît semblable à notre propre assurance maladie, il faut toutefois prendre garde à ne pas faire d’amalgames. «Une pathologie préexistante n’est ainsi pas couverte», signale Olivier Grangier. Autre différence: les primes ne sont généralement pas révisées une fois par an, tandis que le lieu de résidence n’a aucune influence sur celles-ci. Comme ces assurances ne sont pas obligatoires, la liberté est laissée aux assureurs de concevoir leurs propres produits. «Cela nous permet de mieux répondre aux besoins des clients, explique Natascha Fabian, de L’Européenne Assurances Voyages, qui propose le contrat wau-miau. Des méthodes de traitement alternatives, comme l’ostéopathie, peuvent être ainsi intégrées dans la protection.» 

Néanmoins, cette diversité rend les comparaisons difficiles d’une compagnie à l’autre, de la police de base qui se limite à couvrir les dépenses imprévues à celle qui prend en charge la totalité des traitements. Quant aux lapins et autres NAC, les nouveaux animaux de compagnie, ils ne peuvent pas être assurés pour l’instant. «Les coûts de traitement sont généralement moins élevés et peuvent plus facilement être financés par le propriétaire», observe Isabelle Schmidt-Duvoisin, chargée des projets de communication à la Mobilière.

Vétérinaires
En cinq ans, le nombre de chats et de chiens assurés en Suisse a doublé. Le développement des techniques vétérinaires n’est pas étranger à cet essor.

En Chiffres

Qui assure quoi? 

  • 5% environ des chiens et chats suisses assurés. 
  • 60% La part des chiens assurés; 40% celle des chats. 
  • 5 acteurs principaux Animalia, Epona, Helvetia, la Mobilière et L’Européenne Assurances Voyages. 
  • De 5 à 30 francs par mois pour un chat; 10 à 70 francs pour un chien, selon la franchise et les prestations prises en charge. 
  • 3 mois L’âge minimal pour assurer son animal. 
  • 6 ou 7 ans La limite d’âge d’admission fixée par la majorité des assurances.

Véronique Curchod