Vif et déterminé, ce chien se révèle un merveilleux compagnon, pour autant qu’on lui fixe des limites. Et sa petite taille ne l’empêche pas d’apprécier les grandes balades. 

Neuf boules de poils s’ébattent en choeur dans la maison de Germaine Disière, courant ici et là. «J’aime vivre entourée de ma petite troupe et les observer jouer. Mes chiennes amènent de la vie dans la maison! Chacune d’elles est unique, avec son propre caractère.» Voilà une vingtaine d’années que la Valaisanne a débuté l’élevage de yorkshire terrier. Plus de 500 chiots ont vu le jour à Grône (VS). La petite dernière, Amandine, appartient à la sixième génération née sous l’affixe «du Rocher de la Barmaz», qui fait référence à un passage mythique de la Patrouille des glaciers. «Au départ, le fait que cette race ne perde pas ses poils m’avait plus spécifiquement attirée. J’ai en effet horreur d’en avoir partout. Son pelage a la particularité de pousser en permanence, d’environ un centimètre par mois, comme nos cheveux, sans muer. Mais ses qualités ne s’arrêtent pas là. Avec Isis, j’ai découvert un chien affectueux, sportif et intelligent, qui comprend tout. Nous avons partagé des kilomètres de marche en montagne.» Comme cette dernière, acquise pour la compagnie, n’avait pas pu être sélectionnée pour l’élevage, Germaine Disière a adopté ensuite Melody en 1997, dont la lignée perdure encore. 

Futé et rusé 

La petite taille du yorkshire terrier, qui pèse quelques kilos à peine, pourrait le réduire à tort à un compagnon tout juste bon à arpenter la ville dans un sac à main. Détrompez-vous! On oublie trop souvent que ce chien appartient à la famille des terriers, sélectionnée pour ses aptitudes à la chasse. «S’il s’adapte bien à la vie sédentaire, ce sportif déborde cependant d’énergie, explique l’éleveuse valaisanne. Il a besoin de se défouler en faisant régulièrement de l’exercice.» Le yorkshire terrier n’hésite pas à non plus à donner de la voix pour signaler tout intrus, ce qui fait de lui un bon chien de garde. En hiver, certains d’entre eux auront besoin d’un manteau pour les protéger, car l’absence de sous-poil les rend plus sensibles au froid. Les terriers ont également la réputation, justifiée, d’être têtus. Le caractère marqué de la race rend obligatoire une bonne éducation de base. «Il faut prendre garde à ne pas le considérer comme une peluche, relève Germaine Disière. C’est un chien malin, qui sait facilement manipuler son maître. Si on n’est pas attentif et on le laisse tout faire, il deviendra vite une terreur.» 

Un succès mérité 

La race est peu prolifique, avec une moyenne de deux à trois chiots par portée. Ceux-ci naissent tous noirs et feu, la robe évoluant ensuite jusqu’à l’âge d’une année, en s’éclaircissant peu à peu. «On ne sait jamais jusqu’à quel point ils vont grisonner, fait remarquer l’éleveuse. Selon le standard de la race, le pelage au niveau du corps doit plutôt tendre vers le gris que le noir.» Chaque chien d’élevage passe une sélection, où santé, caractère et beauté sont jugés. Une attention toute particulière est accordée à la luxation de la rotule, une problématique qui touche les races de petite taille. La sociabilité et la réaction aux bruits sont également évaluées. Tout chien peureux est écarté de la reproduction. Au sein du Club suisse des chiens de petites races, qui en réunit une quinzaine, le yorkshire terrier est celle qui comptabilise le plus de naissances chaque année. Son gabarit miniature, qui lui permet facilement de s’adapter au mode de vie de son maître, contribue certainement à son succès. À tel point même que, les demandes dépassant l’offre, il n’est pas rare que les futurs propriétaires doivent patienter en s'inscrivant sur une liste d’attente.

Yorkshire
«Moonlight du Rocher de la Barmaz», femelle de 18 mois, au caractère assez dominant.
Yorkshire et sa sa maîtresse
La Valaisanne Germaine Disière s’est lancée dans l’élevage de yorshire terrier en 1997.

Fiche signalétique

  • Origine Angleterre. 
  • Morphologie Chien de petite taille au corps compact, pesant entre 2 et 4 kilos, qui porte ses oreilles droites. Les yeux sont noirs ou marron foncé. Le pelage, sans sous-poil, est long et soyeux. Gris foncé ou noir sur le haut du corps, il est de robe fauve sur le poitrail et les extrémités. 
  • Particularité La race a vu le jour dans le comté anglais du même nom, au début du XIXe siècle. Des ouvriers écossais qui cherchaient du travail dans les filatures et les mines de cette région y ont probablement emmené avec eux des chiens de type terrier. La race a été à l’origine sélectionnée pour la chasse aux rats dans les mines, ainsi qu’aux lapins dans les terriers, sa petite taille étant alors un atout. De compagnon des classes populaires, il est devenu un chien apprécié des citadins. Le standard officiel de la race a été établi en 1898. 
  • Prix 2500 francs pour un chiot vacciné, pucé et vermifugé, avec pedigree et passeport suisse. 
  • Ses points forts Sa beauté. Son caractère affectueux et exubérant. Ne mue pas. 
  • Ses points faibles Son pelage nécessite de l’entretien: un brossage quotidien ou une séance régulière de toilettage. Son tempérament têtu. 
  • Élevages en Suisse romande Club suisse des chiens de petites races, www.kleinhundeclub.ch; Élevage du Rocher de la Barmaz, Germaine Disière, Grône (VS), www.yorkshire.ch.

Témoignage d'une propriétaire

Nicole Rebellato, de Savièse (VS), et Gaufrette 

«J’ai toujours été attirée par les chiens de petite taille, qu’on peut facilement emmener avec soi. Gaufrette nous suit partout. Avec mon mari, nous aimons faire de longues randonnées en montagne. Si elle est fatiguée, nous la portons dans un sac adapté. Très joueur, notre trésor aime s’amuser à poursuivre des feuilles tombées dans les bisses, n’hésitant pas à sauter dans l’eau. À la maison, elle est la reine, ne se laissant pas impressionner par nos chats, qui pèsent pourtant plus du double qu’elle. Si elle a du caractère, elle nous obéit cependant au doigt et à l’oeil. Avec sa bouille craquante, Gaufrette attire l’attention de tous. Maligne, elle sait en jouer!» 

Véronique Curchod