Relativement populaire, ce chat attire l’oeil par sa beauté. Son caractère lui vaut aussi des louanges: affectueux et sociable, il est un compagnon attachant.

Ce chat peut se vanter de bien porter son nom: le sacré de Birmanie dégage indéniablement du charme et du raffinement. Ce sentiment est encore renforcé lorsqu’on le caresse: le poil se révèle en effet d’une texture très soyeuse. À Villars-Burquin (VD), Martine Rossel-Houriet élève cette race depuis une dizaine d’années. «Je m’intéressais auparavant plutôt au ragdoll, avec lequel elle présente quelques ressemblances. En gardant le chaton d’une amie, je suis immédiatement tombée amoureuse du sacré de Birmanie. Ses gants blancs, qui lui donnent une grâce toute particulière, m’ont plus séduite.» 

À mi-chemin entre le siamois, dont il possède la robe, et le persan, avec son caractère attachant, ce chat est un pot de colle. L’éleveuse est d’ailleurs rarement seule: l’une ou l’autre de ses cinq chattes la suit constamment dans la maison. Issey Miyaké de Poéty, qui appartient à la quatrième génération née dans la campagne vaudoise, vient d’ailleurs souvent quémander son attention. «Leur caractère présente des similitudes avec celui d’un chien. Avec eux, j’ai souvent développé une relation très fusionnelle.» Sociable et affectueux, le sacré de Birmanie a besoin de la présence humaine, ou au moins d’un autre congénère. «Sa douceur et son instinct joueur en font un excellent compagnon pour les enfants, souligne Martine Rossel-Houriet. De plus, il s’adapte bien à la vie en appartement.» 

Défi sans cesse renouvelé 

Choisir d’élever cette race nécessite toutefois d’aimer relever les défis. Faire naître des sujets qui aient les caractéristiques requises pour être présentés en exposition se révèle en effet complexe. «Le gantage blanc aux pattes, qui doit être symétrique, est l’une des principales difficultés», relève Martine Rossel-Houriet. Or les gènes correspondant à cette couleur ne sont pas fixés: même en croisant des parents avec une répartition parfaite, il n’existe aucune garantie qu’ils transmettent cette caractéristique à leurs descendants. «Cela peut être décourageant. Personnellement, je mets en sus plus spécifiquement l’accent sur la recherche d’yeux d’un bleu le plus intense possible, ainsi que d’un joli profil avec un nez romain. La corpulence du chat est également importante pour moi, il doit avoir une certaine taille.» Les chatons naissent entièrement blancs, leur couleur, qui présente une certaine diversité, évolue ensuite jusqu’à l’âge de 2 ans et demi. La robe bleue tabby reste cependant la favorite de Martine Rossel-Houriet. «Le chaton qui m’a fait découvrir la race et avec lequel j’avais un lien émotionnel particulier avait cette couleur.» 

Un club de race actif 

La Vaudoise a participé à des expositions, dans toute l’Europe, avec de nombreux succès à la clé. Son mâle reproducteur, Saké, est à un point d’obtenir la distinction la plus haute, celle de grand champion d’Europe. «Trois juges différents, dans trois pays, l’ont également nominé pour le best in show. Il ne lui manque qu’un quatrième jugement. Même si les titres ne sont pas un but en soi, ce résultat me conforte dans mes choix d’élevage», se félicite Martine Rossel- Houriet. Contrairement à d’autres races félines qui n’ont pas d’association propre, le Birma Club, très actif, propose des échanges de connaissances entre les éleveurs. «J’apprécie de ne pas être seule et de pouvoir partager certaines problématiques avec d’autres personnes impliquées dans la race.» Cherchant à diversifier ses lignées, l’éleveuse est actuellement à la recherche du successeur de son mâle reproducteur. En toute logique, il sera probablement bleu tabby, sa robe de coeur.

Sacré de Birmanie
«Éternity de Poéty», chatte âgée de 5 ans, arbore un pelage lilac point.
Propriétaire et son chat
Martine Rossel-Houriet en compagnie de «Barbra Streisand Occh di Zaffiro»: cette chatte porte une robe de couleur chocolat point.

Fiche signalétique

  • Origine France. 
  • Morphologie Chat de taille moyenne au corps robuste et musclé, avec une tête en forme de triangle arrondi. Le pelage mi-long, avec peu de sous-poil, est caractérisé par des gants blancs à l’extrémité des pattes. La répartition de la couleur est colourpoint, avec plusieurs variantes possibles de robes, entre autres le blue point, le seal point ou le lilac point. Les yeux sont exclusivement d’un bleu profond. 
  • Particularité Plusieurs légendes entourent l’origine de la race. Une déesse birmane aurait récompensé ce chat pour sa dévotion et sa fidélité à son maître en lui offrant des yeux bleus et une robe dorée. Les gants blancs symboliseraient sa pureté. Le sacré de Birmanie semble cependant issu du croisement entre un siamois et un persan effectué dans les années 1920, en France. Le couturier Karl Lagerfeld et sa fameuse Choupette ont participé à la popularité de cette race. 
  • Prix 1200 à 1500 francs pour un chaton sevré, vacciné et vermifugé, avec pedigree 
  • Ses points forts Sa beauté et son caractère docile. Il s’adapte bien à la vie en appartement. 
  • Ses points faibles Son pelage nécessite un brossage régulier. Il est très sensible au stress lors de changements d’habitudes. 
  • Élevages en Romandie Birma Club, club suisse du chat sacré de Birmanie, www.birmaclub.ch 

Témoignage d'un propriétaire

 Damien et Julie Jacot, de Chavornay (VD), Hazel et cie 

«Pour nous, le sacré de Birmanie est le plus beau chat du monde, car il dégage une noblesse toute singulière, renforcée par ses yeux d’un bleu pur. Chacun de nos quatre compagnons a une couleur différente, ainsi que sa propre personnalité. Xon, qui possède un fort caractère, règne sur ses congénères. Particulièrement bavarde, elle nous répond lorsqu’on lui parle. Les deux mâles, Hazel et Skippy, adorent jouer ensemble. Quant à Honey, elle est la douceur incarnée. Lorsque nous rentrons le soir, les quatre sont alignés derrière la porte à nous attendre, ne nous lâchant ensuite plus d’une semelle.» 


Véronique Curchod