Les yeux verts émeraude et la robe bleue de ce chat élégant attirent le regard. De plus, son absence de sous-poil le rend moins allergène. Pourtant, il reste méconnu dans notre pays. 

Yndee, Ganda, Rama ou Gan Plook: lorsque Nicole Guisolan-Mollard appelle l’un de ses chats, on est immédiatement transporté en Asie, dans leur pays d’origine. «Donner un nom thaïlandais est une obligation pour l’établissement des pedigrees», explique la Fribourgeoise. À Ponthaux, voilà huit ans que celle-ci se consacre à l’élevage du korat. «Quand j’étais petite, nous avions des chats de gouttière à la ferme. Une seule fois, l’un deux était de robe bleue. Celui-ci m’a marquée par l’aspect exclusif de cette couleur.» Une émission l’a mise par hasard sur la piste de cette race, qui est quasiment introuvable dans notre pays. Traits de caractère et beauté ont rapidement séduit la Fribourgeoise. «Très attaché à son maître, le korat lui est particulièrement fidèle, relève-t-elle. Il s’acclimate ainsi facilement à la vie en appartement.» Mais acquérir un représentant de cette race a été un véritable parcours du combattant. Il a ainsi fallu plusieurs mois de recherche pour qu’un mâle, Rama, puis une femelle, Tulaya, rejoigne leur nouveau foyer. Faire naître une première portée a alors été une évidence. L’affixe de l’élevage – Les Introuvables – s’est tout naturellement imposé. «Nous avons aujourd’hui plus de demandes que de chatons à vendre, d’autant que le nombre de chats par portée est moins élevé que chez d’autres races. Je cherche en outre désespérément un mâle d’une autre lignée pour reproduire avec trois femelles issues de mon élevage.» 

Moins allergène 

Si l’éleveuse n’arrive pas à expliquer le manque d’intérêt des éleveurs pour la race – peut-être le fait que les korats n’ont qu’une seule couleur de robe et d’yeux joue-t-il en leur défaveur –, l’engouement des particuliers est bien présent. Généralement, ce chat est en effet mieux supporté par les personnes souffrant d’allergie que les autres races. «Les observations empiriques effectuées par des particuliers ont permis de mettre cette spécificité en évidence, explique Nicole Guisolan-Mollard. D’ailleurs, 90% des personnes qui ont acquis un korat dans mon élevage étaient allergiques aux chats. Dans la majorité des cas, le contact avec cette race ne leur a pas déclenché de symptômes, ou très peu. Il semblerait que l’absence de sous-poil explique cette singularité.» Son pelage doux et soyeux cache un autre avantage: il ne perd quasiment pas de poils. 

Adopter un korat permet à coup sûr d’éviter l’ennui. Ce chat garde en effet son caractère joueur tout au long de sa vie. Ganda rapporte ainsi sans cesse les balles qu’on lui lance, alors que Sunee s’amuse à sortir des jouets d’une caisse. Quant à Iris, elle vient quémander les caresses, n’hésitant pas à soulever de sa tête notre main, afin de mieux se faire comprendre. «Ils cherchent souvent à attirer l’attention. J’apprécie énormément ces interactions avec eux. Mais attention, ils sont jaloux et possessifs: il n’aime pas partager leur territoire avec d’autres!» Particulièrement intelligent, le korat exige parfois quelques astuces pour faciliter la cohabitation. Nicole Guisolan-Mollard a ainsi équipé toutes ses portes de poignées rondes, pour éviter que l’un ou l’autre de ses protégés ne les ouvre. Ayant un tempérament doux, mais marqué, le korat n’hésite pas à miauler pour se faire comprendre, utilisant toute une gamme de sons différents selon ce qu’il attend: des câlins ou une gamelle bien remplie.

Nicole Guisolan-Mollard.
Ce chaton est né le 17 avril 2018, au sein de l’élevage de Nicole Guisolan-Mollard.
Ganda
«Ganda», âgée de 2 ans.

Fiche signalétique

  • Origine: Thaïlande. 
  • Morphologie: Chat agile de petite taille, au poil court et soyeux et à la tête en forme de coeur. Sa silhouette puissante et musclée dégage une impression de souplesse et d’équilibre. Les yeux verts et la robe bleue constituent sa principale caractéristique. Peut être confondue avec le chartreux ou le bleu russe par les néophytes. 
  • Particularité: Le korat est une race naturelle très ancienne. Si de nombreuses appellations différentes sont utilisées en Thaïlande, on doit, selon la légende, son nom actuel au roi Rama V, qui l’a baptisé ainsi à la fin du XIXe siècle en utilisant le nom de la province située au nord-est du pays dont ce chat est originaire. Croyances populaires et mythes abondent autour de cette race, qui est considérée comme un porte-bonheur en Thaïlande. 
  • Prix: 1500 francs pour un chaton de compagnie sevré, vermifugé, vacciné, avec pedigree. 
  • Ses points forts: Son entretien facile en raison de l’absence de sous-poil. Son caractère joueur. Son attachement et sa fidélité à son maître. 
  • Ses points faibles: Aucun si ce n’est la difficulté d’en acquérir un du fait de sa rareté. 
  • Élevage en Suisse romande: Élevage des Introuvables, Nicole Guisolan-Mollard, Ponthaux (FR), www.elevage-des-introuvables.ch

Témoignage de propriétaires

Noémie Bloch

Noémie et Thierry Bloch, Préverenges (VD)  

«Voilà quelques années, nous avons gardé pendant les vacances le korat d’un voisin. Mon épouse, qui est allergique, a alors découvert qu’elle supportait le contact avec ce chat, ce  qui n’était pas le cas avec les autres races. Nous avons donc adopté Yada, qui a un caractère bien marqué. Plutôt exclusive, elle est très fusionnelle avec ma fille Noémie (photo) et moi-même. Le vétérinaire est toujours étonné de la voir si obéissante, s’asseyant lorsque je le lui demande. Très sociable, elle communique beaucoup avec nous, miaulant par exemple le matin pour nous saluer. Yada adore jouer avec un long ruban que nous faisons bouger rapidement. Peut-être que cela lui rappelle les serpents de son milieu d’origine? Sa petite taille – 3 kilos sur la balance – est idéale pour une vie en appartement.»


Véronique Curchod