Qui ne reconnaîtrait pas ce chien au premier coup d’oeil? Malgré sa notoriété, il reste peu répandu en Suisse romande. Son endurance fait le bonheur des familles actives.

L’énergie et la joie de vivre de Lizzie et Elsa ne sont pas sans rappeler celle de leur éleveuse. «Le dalmatien vit son existence à vive allure. J’ai eu un coup de foudre pour cette race lors d’un concours d’agility. L’élégance et la vitesse avec lesquelles une chienne enchaînait les obstacles m’ont particulièrement frappée. Elle me donnait l’impression de voler», s’enthousiasme Veronica Hanmer, de Givrins (VD). Ce n’est donc pas un hasard si son élevage, commencé quelque temps après cette rencontre, en 1995, a été baptisé Flying Dominoes – les Dominos volants. Depuis lors, de très nombreux dalmatiens sont nés à La Côte vaudoise, les portées de 10 à 15 chiots n’étant pas exceptionnelles. Le dessin typique de la robe, ajouté à la popularité acquise à la suite du film de Walt Disney, en fait l’un des rares chiens que même le novice identifie au premier coup d’oeil. «Le dessin animé Les 101 dalmatiens a popularisé la race, constate l’éleveuse. Si les enfants y sont sensibles, la majorité des gens qui prennent contact avec moi sont avant tout à la recherche d’un bon chien de famille, de taille moyenne et sportif.» Les chiots naissent tout blancs, les taches apparaissant peu à peu au fil des jours, évoluant ensuite jusqu’à l’âge de 1 an. «Chaque chien est unique, la disposition des taches, plus ou moins nombreuses, étant semblable à une empreinte digitale.» 

Un caractère marqué 

Athlétique, le dalmatien doit pouvoir se défouler. Il ne convient donc pas à des propriétaires qui n’ont que peu de temps à lui consacrer. «Il ne supporte pas la solitude et doit faire partie de la vie de famille, sinon il peut devenir destructeur, met en garde Veronica Hanmer. Si on lui donne l’attention dont il a besoin, il se révèle un magnifique compagnon, particulièrement affectueux avec les enfants.» Son endurance naturelle fait merveille pour accompagner les personnes dans leurs loisirs, que cela soit en course à pied, à vélo ou lors de sorties à cheval. «Chaque éleveur a sa propre idée du chien idéal qu’il voudrait produire. Personnellement, j’aime que le dalmatien soit élancé et qu’il possède une foulée puissante qui lui permette de courir de longues distances, comme il le faisait du temps des diligences.» La race a cependant la réputation d’être difficile à éduquer, à cause de son caractère fort et indépendant. «Le propriétaire doit prouver à son chien qu’il est digne de son respect, confirme l’éleveuse. Lorsqu’on lui demande un exercice, il l’exécutera que s’il est convaincu que celui-ci est dans son intérêt. Comme il faut un certain tact, je le déconseille à des personnes qui n’ont jamais eu de chien auparavant.» 

Champion du monde 

Veronica Hanmer a remporté de nombreux succès lors des multiples expositions auxquelles elle a participé, ses chiens accumulant les titres. Lorsqu’elle évoque Mystery Man, un descendant en troisième génération de sa première femelle Tachka, on sent l’émotion pointer. Ce mâle reproducteur est en effet devenu champion du monde en 2011, lors d’une exposition à Paris. Ce succès est dû à son travail assidu. «J’étudie attentivement le pedigree de mes chiennes, ainsi que celui des étalons potentiels, sur plusieurs générations, calculant le taux de consanguinité. Je n’hésite pas ensuite à voyager dans toute l’Europe pour trouver le mâle qui convient le mieux. Le caractère est essentiel à mes yeux.» Elle prend particulièrement garde à la problématique de la surdité, uni ou bilatérale, qui touche la race. Pour lutter contre cette affection liée à la robe blanche, tous les chiots sont systématiquement testés neurologiquement. «Grâce à une sélection rigoureuse, on a pu réduire fortement le nombre de sujets atteints», se réjouit l’éleveuse.

Dalmatien et sa propriétaire
Veronica Hanmer pose avec «Flying Dominoes Oopsa Daisy», née le 17 mars dernier, et qui vient de trouver un foyer à Bienne (BE).

Dalmatien
âgée désormais de 8 ans, «Elsa Born free for Flying Dominoes» coule une retraite paisible.

Fiche signalétique

  • Origine Croatie. 
  • Morphologie Chien de taille moyenne, au corps musclé et harmonieux, avec une queue portée légèrement vers le haut. Le poil court est blanc, avec des taches rondes bien dessinées de couleur noir ou foie, y compris sur les oreilles. Les yeux sont noirs ou brun foncé. 
  • Particularité Il tire son nom de la Dalmatie, une région littorale de la Croatie. L’origine de la race reste cependant obscure, des chiens de même type ayant été représentés dès l’Antiquité sur les tombes des pharaons de l’Égypte ancienne. En raison de son affinité pour les chevaux et de son aptitude à couvrir de grandes distances, il a été utilisé pour accompagner les diligences, ainsi que pour les garder. Par la suite, il a souvent suivi les pompiers aux États-Unis, lorsque l’équipement de lutte contre les incendies était encore tiré par des chevaux. 
  • Prix 2000 francs pour un chiot sevré, avec passeport, puce électronique, pedigree, vacciné et vermifugé. 
  • Ses points forts Sa vivacité et son endurance. Sa beauté. Affectueux avec les enfants. 
  • Ses points faibles Il perd ses poils courts. Sujet aux calculs urinaires, ce qui nécessite une alimentation adaptée. 
  • Élevage en Suisse romande Flying Dominoes, Veronica Hanmer, Givrins (VD), flyingdominoes@hotmail.com

Témoignage d'un propriétaire

Dalmatien et son propriétaire

Miguel Dominguez, de Prangins (VD), et Duke 

«J’étais à la recherche d’un chien de famille, ni trop grand ni trop petit, qui ait un tempérament joueur. Le dalmatien a une taille idéale à mes yeux. Son extrême beauté a été l’élément déclencheur dans mon choix. J’apprécie en outre une particularité propre à la race: les taches rendent chaque chien unique. Je dois admettre que Duke n’a pas été facile à éduquer, car il est un peu têtu. En revanche, il n’est ni dominant ni fugueur. En balade, la popularité du dalmatien attire souvent la sympathie, plus spécialement des enfants. Lorsque des amis viennent à la maison, Duke manifeste sa joie en prenant un objet dans sa gueule et en remuant la tête de gauche à droite.»


Véronique Curchod