Ne le confondez pas avec le berger des Pyrénées. Bien qu’il soit originaire du même massif montagneux et ait été sélectionné dans le même but, ce chien s’en distingue aussi bien au niveau de la morphologie que du tempérament. 

Perchées au sommet d’un escalier qui leur donne une bonne vue sur l’appartement, Keis et Olya posent un oeil vigilant sur leur environnement. Si ces deux chiennes sont d’agréables compagnes, elles ont gardé leur instinct de protection vis-à-vis de la famille, comme l’auraient fait leurs ancêtres à l’égard des troupeaux de moutons qu’ils devaient conduire. Bonnes gardiennes, elles n’hésitent pas à signaler de quelques aboiements brefs tout danger. Avec leurs sourcils en bataille, leur long toupet et leur poil hirsute, elles ressemblent à d’adorables peluches vivantes. 

Un instinct protecteur 

Le berger catalan ne se résume cependant pas à une frimousse espiègle. «J’ai été avant tout séduite par sa capacité d’écoute aux demandes de son maître, qui le rend relativement facile à éduquer, explique Ghyslaine Maulini, de Travers (NE). J’ai en effet découvert cette race lors d’un cours d’éducation canine que je fréquentais avec le chien que j’avais à l’époque, un labrador.» 

L’élevage de la Vallée des Fées a débuté voilà une quinzaine d’années. Actuellement, la Neuchâteloise est la seule à élever cette race en Suisse. «Le berger catalan, qu’on nomme également gos d’Atura, commence tout juste à se faire connaître, relève-t-elle. Longtemps, il a été en mains des bergers dans les Pyrénées espagnoles. Son utilisation traditionnelle déclinant, il a trouvé une nouvelle vocation pour la compagnie. À mes yeux, il est le chien de famille par excellence.» L’éleveuse peut apprécier ses qualités tout particulièrement lorsqu’elle accueille l’un ou l’autre de ses cinq petits-enfants. Ses chiennes sont alors de formidables compagnes de jeu pour eux, sachant contenir leur fougue à leur contact. «Je les trouve très protectrices à leur égard, relève Ghyslaine Maulini. Lorsque les plus jeunes dorment dans leur berceau, elles les surveillent attentivement. Intelligentes, elles font régulièrement preuve d’un bel esprit d’initiative. Un jour, Keis est venue me chercher en aboyant pour m’avertir que l’un deux s’était enfilé dans la niche.» 

Des poils aux tons variés 

Le berger catalan a gardé du travail avec les moutons une endurance hors pair qui lui permet d’accompagner ses propriétaires sportifs dans leurs activités, que cela soit pour une longue balade ou une sortie à vélo. Mais il sait également rester calme une fois de retour à la maison. Quant à son flair, il fait merveille aussi bien pour la recherche de personnes disparues ou de truffes que pour le pistage sportif. «Polyvalent, il s’adapte à toutes les situations, s’enthousiasme Ghyslaine Maulini. Sa taille est idéale pour l’emmener partout avec soi.» Méfiantes au début avec les étrangers, les deux chiennes viennent après un temps d’observation quémander quelques caresses. 

Au premier coup d’oeil, la robe de Keis paraît d’un noir uni, alors que celle dOlya semble sable. Mais en y regardant de plus près, on remarque une grande variété de tonalités dans le poil de chacune, allant du plus clair au plus foncé. «La couleur de base qu’on perçoit dépend de l’intensité de ce mélange, explique la Neuchâteloise. La majorité des personnes qui prennent contact ont cependant une préférence pour les robes claires, le noir donnant un aspect plus sévère au chien.» Ces jours prochains, Ghyslaine Maulini aura la surprise de découvrir la couleur des chiots qui doivent naître sous peu. Keis et sa fille Olya ont en effet été saillies toutes deux en France. Impatiente, elle se réjouit que des boules de poils espiègles viennent pimenter son quotidien de leurs facéties.

Berger Catalan
Le berger catalan est est particulièrement joueur et affectueux. À droite dans les bras de Ghyslaine Maulini, «Keis» dont la robe fauve charbonnée s’éclaircit progressivement en été.
Berger Catalan
«Olya de la Vallée des Fées», âgée de 2 ans, arbore une robe sable charbonnée.

Fiche signalétique

  • Origine Espagne. 
  • Morphologie Chien de taille moyenne d’aspect rustique au corps musclé. Le poil long comprend la présence caractéristique d’une barbe, de moustaches et d’une touffe au sommet du crâne. La robe, plus ou moins foncée, est constituée d’un mélange de nuances: fauve, gris, blanc et noir. 
  • Particularité Ses origines sont assez confuses, mais il est probablement issu du croisement entre le berger de Bergame et d’autres races de chiens locales des Pyrénées catalanes. Son isolement géographique a permis de conserver son homogénéité. Il assurait les tâches de conduite et de garde des troupeaux auprès des bergers de Catalogne. L’effectif a décliné au cours du siècle dernier avant un net regain d’intérêt pour la race observé vers le début des années 1970. Le berger catalan a été reconnu par la Fédération canine internationale en 1954. 
  • Prix 2000 francs pour un chiot sevré, avec passeport, puce électronique, pedigree, vacciné et vermifugé. 
  • Ses points forts Sa rusticité et son endurance. Sa fidélité envers son maître. Son entrain. 
  • Ses points faibles Son poil nécessite un entretien régulier, surtout la première année. À réserver aux personnes qui peuvent lui offrir de l’exercice et de l’occupation au quotidien. 
  • Élevage en Suisse romande La Vallée des Fées, Ghyslaine Maulini, Travers (NE), www.bergercatalan.com 

Témoignage d'un propriétaire

Lucette Monnier et son berger catalan

 Lucette Monnier, de Versoix (GE), et Phebe de la Vallée des Fées 

«Phebe m’épate par son obéissance, alors qu’elle est âgée d’une année à peine. Elle connaît déjà de nombreux ordres, comme «à droite» ou «traverse», qui me permettent de l’emmener en toute sécurité avec moi lorsque je pars me balader à cheval. Ni trop grande, ni trop massive, elle a la taille idéale pour nous suivre partout. Ses expressions me font souvent rire. Si elle voit un chevreuil, un simple «stop» l’empêche de le courser, mais on voit que son coeur y est! Grande nageuse, Phebe adore l’eau: qu’elle voie une rivière, le lac ou une flaque, elle fonce pour plonger sa tête dedans!» 


Véronique Curchod