Le pelage abondant de ce chien énergique lui confère une indéniable élégance. Apprécié pour son intelligence et sa sensibilité, il comblera les familles sportives.

Difficile de rendre discrètement visite à Carole Pollien, à Forel (VD): une joyeuse troupe d’une dizaine de chiens nous accueille avec énergie sitôt le portail franchi. Actifs dans le sport, retraités, reproducteurs ou jeunes: les bergers des Shetland de l’éleveuse vaudoise vivent ici en meute. «J’aimais bien le collie, mais le trouvais trop grand à mon goût, explique la quadragénaire. En cherchant un chien à l’allure similaire, mais en version miniature, j’ai découvert le sheltie. Avec ses longs poils et l’expression particulière de son regard, il dégage une prestance et un charisme incroyables.» Voilà une vingtaine d’années, sa première chienne, Dacie, lui fait découvrir l’agility, un sport que la Vaudoise continue à pratiquer. Le berger des Shetland est en effet réputé pour ses prouesses dans cette discipline, où il remporte un succès grandissant. Particulièrement agile, il est capable d’enchaîner les divers obstacles à grande vitesse. «En dehors du milieu de l’agility, la race reste peu connue du grand public», regrette Carole Pollien. Pourtant, ce chien, surnommé affectueusement «sheltie» par ses amateurs, se révèle un bon compagnon pour toute la famille. Polyvalent, il peut être utilisé dans divers sports ou travailler avec les moutons, l’activité pour laquelle il avait été sélectionné à la base. En outre, son endurance en fait un merveilleux partenaire de balade. 

Travail ou beauté 

Carole Pollien élève deux lignées distinctes: la première axée sur le travail, la seconde sur la beauté. «Il n’est pas évident de sélectionner des chiens qui répondent aux critères morphologiques de la race, tout en ayant le caractère adapté pour faire du sport, relève l’éleveuse. Le standard est en effet très strict et les portées rarement homogènes, notamment au niveau de la taille. Seule une minorité des sujets peut être approuvée à l’élevage.» Carole Pollien a eu la fierté de voir l’une de ses chiennes, Vérone, donner naissance à des chiots qui ont participé aux Championnats du monde d’agility. L’une de ses filles, First, a pris le relais en compétition à ses côtés. «Ses chiots sont rapides et surtout solides dans la tête, se félicite la Vaudoise, qui est également monitrice dans un club canin. Avoir un tel tempérament, équilibré, n’est pas évident pour un berger des Shetland. Souvent émotifs, ils ne supportent pas forcément le bruit et la pression liés aux compétitions.» 

Attention au caractère 

La race est en effet réputée pour être extrêmement sensible, tout en étant parfois têtue. «On peut être strict, mais sans élever la voix, sous peine de lui faire perdre tous ses moyens, recommande la professionnelle. Une grande douceur est toujours de mise avec un sheltie.» Un autre point à ne pas négliger est sa tendance à aboyer, ce qui en fait un bon gardien, mais qui peut être dérangeant. Certaines lignées ayant ce trait plus ou moins marqué, mieux vaut se renseigner avant, en fonction de ses attentes. Il en va de même pour la vivacité: celui-ci sera une vraie boule d’énergie, alors que cet autre, plus calme, pourra s’adapter à la vie en appartement, pour autant qu’il puisse se dépenser quotidiennement. Au printemps prochain, deux nouvelles chiennes devraient être sélectionnées pour l’élevage. L’une d’elles est bleu merle: si le sheltie peut avoir des robes variées, l’éleveuse avoue une préférence pour cette couleur: «Contrairement aux autres tons, où chaque chien se ressemble, les bleu merle ont chacun des taches réparties différemment sur le corps. Ils sont vraiment uniques!»

Berger des shetland et sa maîtresse
Sa passion pour le berger des Shetland dure depuis vingt et un ans. Carole Pollien apprécie son caractère vif et attentionné, sa fidélité à son maître.
Berger des shetland
Firstde- Forellois » est une femelle à la robe bleu merle âgée 6 ans, qui pratique l’agility.

Fiche signalétique

Origine Grande-Bretagne. 

Morphologie Chien de petite taille, pesant en moyenne 6 à 7 kilos, avec une tête allongée et de petites oreilles dressées qui retombent à leur extrémité. Il a le pelage long avec un sous-poil doux et dense. Sa queue est fournie, alors qu’une collerette et une crinière abondantes entourent sa tête. La robe peut être fauve, bicolore, tricolore ou bleu merle. 

Particularité Originaire des Shetland, au nord de l’Écosse, il en a pris le nom. Il est probablement issu du croisement entre des chiens de berger qui vivaient sur ces îles et le colley, auquel il ressemble fortement, bien que ses origines exactes restent incertaines. Utilisé pour garder les moutons, il était bien adapté aux conditions de terrain et de climat difficiles qui règnent dans cette région. Popularisé dès le XIXe siècle, il s’est désormais répandu dans le monde entier. 

Prix 2000 à 2200 francs pour un chiot sevré, vacciné, pucé et vermifugé, avec pedigree. 

Ses points forts Sa vivacité et son intelligence. Sa santé robuste. Son élégance. 

Ses points faibles À réserver plutôt à des gens actifs. Tendance à aboyer fréquemment. Nécessite un brossage régulier. 

Élevages en Suisse romande Élevage de Forellois, Carole Pollien, Forel, tél. 079 684 01 08; Club suisse du berger shetland, www.sheltie-club.ch 


Témoignage d'une propriétaire

Isabelle Humberset, de Lausanne, et Jiushi 

«Nous cherchions un chien intelligent et sportif, 

avec une taille modeste: le sheltie réunit toutes ces qualités. Comme mon mari Cédric avait eu énormément de plaisir par le passé avec un compagnon de cette race, nous n’avons pas hésité. Sachant qu’il est parfois un peu craintif et a tendance à aboyer, j’ai passé beaucoup de temps à familiariser Jiushi avec tout ce qu’il serait amené à rencontrer. Désormais, il est à l’aise en toute circonstance. Mon mari a commencé l’agility avec lui. Jiushi y prend plaisir, car il a un tempérament très joueur. D’ailleurs, il a facilement appris à connaître le nom de ses jouets et ne se trompe jamais lorsqu’on lui demande d’aller chercher l’un ou l’autre. Gourmand, il me rappelle toujours avec insistance l’heure du repas.»


Véronique Curchod