Peut-être avez-vous été témoin des périodes de « chaleur » ou de rut de votre chat ? Qu’il s’agisse d’un mâle ou d’une femelle, le système biologique de votre félin répond à un cycle sexuel observable dès 6 à 9 mois pour la femelle et 6 à 12 mois chez le mâle. La reproduction de cet animal est des plus performantes car contrairement à de nombreuses autres espèces, le chat est fertile toute l’année et particulièrement de mars à août. La gestation dure 9 semaines et a pour fruit les 3 à 8 chatons auxquels la chatte peut donner naissance et cela jusqu’à 4 fois par an. Ainsi en moyenne, un couple de chat peut donner la vie à 12 chatons chaque année. Si ces chatons se reproduisent, il résulte de ces données que statistiquement, un couple de chats peut comptabiliser 20 736 descendants au bout de 4 années. Ce rythme de génération s’il n’est pas contrôlé par voie naturelle ou par l’intervention humaine peut avoir pour conséquence une croissance exponentielle de la population de cette espèce.

Le chat domestique ayant aujourd’hui peu de prédateurs naturels, la castration permet d’éviter une surpopulation féline qui ne pourrait être contrée que par une politique d’euthanasie. Par ailleurs, la castration féline offre d’autres sérieux avantages, tant au maître qu’à son chat, avantages qu’il convient d’examiner.

Il est cependant important de préciser que la castration se distingue de la stérilisation. La première est une ablation chirurgicale d’un organe sexuel, les testicules, les ovaires ou l’utérus. Elle empêche la reproduction et inhibe la fonction hormonale et donc les comportements gênants ou dangereux.

La seconde est un procédé chirurgical qui annihile le potentiel reproducteur mais pas les capacités hormonales car l’organe n’est pas extrait. Ainsi la stérilisation, puisqu'elle ne neutralise pas les comportements sexuels, est très peu utilisée en médecine vétérinaire et la castration lui est préférée. Néanmoins, le terme « stérilisation » est employé indistinctement pour évoquer castration et stérilisation et est même substitué dans le langage commun au terme « castration », ce qui induit des erreurs de compréhension.

A de nombreux égards, la castration est un bienfait dont votre animal sera le premier bénéficiaire. En effet, que vous possédiez un mâle ou une femelle, votre compagnon tirera des bénéfices sanitaires indéniables à subir cette opération. Ces avantages seront d’autant plus importants que l’opération sera réalisée sur un animal jeune bien qu’âgé d’au moins 4 à 5 mois et n’ayant pas ou du moins n’ayant que récemment connu sa puberté.

La castration pour le bien de votre chat femelle

Si vous possédez une femelle, la santé de cette dernière sera favorablement impactée par une telle mesure. Il a été observé que la prévalence des tumeurs mammaires était fortement réduite voire rendue nulle par une ablation précoce des gonades et de l’utérus. Les infections utérines comme le pyomètre (pyo – pus et mètre – matrice) pouvant entraîner des complications sévères voire mortelles sont quasiment réduites à zéro avec ces mesures ablatives. Les bactéries ne peuvent atteindre l’utérus pour y proliférer, soit en raison de son absence, soit en raison de la fermeture du vagin qui ne leur est plus ouvert car aucun accouplement n’est prévu ni permis.

Cette absence des possibilités et du désir d’accouplement a un autre effet bénéfique : la chatte ne cherche plus de partenaire sexuel. Outre la rendre plus douce et plus casanière, cette absence de recherche a un autre effet que les propriétaires d’un chat femelle remarquent, ou plutôt n’entendent plus : leur petite compagne ne miaule plus pour attirer les mâles quand elle est dans une période propice à la fécondation. En conséquence, ils pourront apprécier le calme que cette opération, réalisée en anesthésie générale et donc indolore, permettra de retrouver au sein de leur foyer. Ou plutôt du foyer de leur chatte, car cet animal est territorial. Elle arpente le territoire parfois immense (près de 8 hectares pour une chatte vivant à la campagne dans une zone reculée et jusqu’à 85 hectares pour son congénère masculin) où elle se repose, elle chasse, elle observe les diverses créatures et où, en période d’ovulation, elle recherche un partenaire sexuel. Dans ce dernier cas de figure, elle peut alors parcourir son territoire sans prêter attention aux dangers comme les voitures, les pièges d’éventuels chasseurs, les carnivores de plus grand gabarit etc. La chatte stérilisée ne prendra pas tant de risques car elle ne sera pas soumise au cocktail d’hormones que sa comparse non-opérée doit affronter et qui lui guide cette conduite parfois dangereuse.

La castration pour le bien de votre chat mâle

Les effets de cette castration sont également fortement bénéfiques pour le mâle. D’abord parce qu’il marque son territoire de diverses manières, par des griffures, des frottements ou en urinant. Or l’urine du chat mâle en rut a une odeur insupportable tant son caractère nauséabond est remarquable. Non castré, le chat rejette beaucoup plus de félinine dans ses urines qu’un chat opéré, ce qui rend leur odeur si désagréable. De tels désagrément peuvent provoquer des comportements d’énervement des maîtres, néfastes pour le chat.

D’autre part, l’ablation des testicules et la réduction des hormones mâles a pour effet de réduire la propension à se battre pour une femelle. Cette appétence pour la bagarre des mâles non castrés leur cause des blessures parfois graves comme la perte d’un œil ou de morceaux d’oreille. Outre le risque d’infection bactériologique, ces altercations facilitent le transfert de maladies graves comme le syndrome d’immunodéficience féline, le FIV aussi connu sous le nom de sida du chat. Cette maladie se transmet par voie sexuelle ou lors des bagarres en raison des morsures notamment. Elle affaiblit le système immunitaire de son porteur et, une fois déclarée, lui fera contacter des maladies opportunistes qui lui seront fatales. Un chat castré est moins sujet à ce type de pathologie car il possède un territoire plus restreint qu’il ne quitte pas ou peu, limitant les risques d’affrontement et donc de contagion.

La contrepartie de ces bénéfices est une possible prise de poids à la suite de la castration. Néanmoins, si l’opération est réalisée sur un chat jeune et qu’une alimentation adaptée est offert au chat, la prise de poids sera limitée voire évitée.

La castration féline, pour le bien du maître

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la castration du chat a également un impact positif sur le maître. D’abord, ces mesures permettent de lutter contre la surpopulation de chats. Or cette surpopulation a pour effet de d’accroitre le nombre de félins abandonnés, livrés à eux-mêmes et à leur détresse. Les propriétaires de chat peuvent lutter contre ce phénomène en stérilisant leur animal de compagnie, ce qui peut constituer un argument éthique pour ces partisans de la cause féline et propriétaire d’un chat qu’ils affectionnent.

Un autre argument abonde en faveur du bien être du propriétaire. Avec un chat stérilisé, le maître peut rester serein car il n’aura pas à gérer une portée de chatons. Car dans l’hypothèse où il ne pourrait pas assumer d’élever une portée de chatons, il devra les placer. Deux solutions s’ouvrent alors à lui. Ou bien trouver une place chez un particulier, ou bien les proposer à la Société Protectrice des Animaux dont les refuges ont déjà atteint leur capacité maximale d’accueil. Stériliser c’est donc éviter des souffrances potentielles aux animaux à naitre et dont le propriétaire ne serait pas en mesure de subvenir aux conditions de vie.

Castrer un chat n’a pas nécessairement d’impacts négatifs sur l‘animal. Ce dernier n’éprouve pas de besoin d’enfanter pour être heureux (penser le contraire serait faire acte d’anthropomorphisme), cette opération n’implique pas de changement négatif de comportement et améliore la santé de votre chat tout en favorisant le bien être des représentants de cette espèce. Ainsi, castrer ce n’est pas mutiler, castrer c’est protéger et c’est en cela qu’elle est bénéfique.