Le photographe naturaliste Sébastien Tinguely se rend chaque année dans les Alpes valaisannes pour suivre le rut du bouquetin. Le spectacle des mâles luttant pour gagner le droit de se reproduire est impressionnant.

Le fracas des cornes qui s’entrechoquent résonne sur la crête. Dès les premiers jours du rut, à la fin du mois de novembre, les bouquetins mâles s’affrontent pour asseoir leur place dans la hiérarchie. «Seul le vainqueur pourra approcher les étagnes (femelles) pour se reproduire, explique le photographe genevois Sébastien Tinguely. C’est un processus fascinant, qui ne se résume pas à une épreuve de force: chaque bouquetin a sa stratégie. Il y a ceux qui tirent parti de la pente, d’autres de cornes à la forme particulière. Dans la région de Salanfe (VS), j’ai souvent observé un grand mâle aux cornes presque droites. Il suffisait qu’il apparaisse pour que les autres s’enfuient!» 

Peu farouche, le bouquetin laisse volontiers le photographe apprécier le spectacle pour autant qu’il reste à bonne distance. Sébastien Tinguely grimpe vers les sommets à raquettes, passant parfois plusieurs nuits dans la neige pour capter les atmosphères les plus impressionnantes. «Mais le bouquetin est un lève-tard, sourit-il. Ce n’est qu’à l’apparition du soleil que les choses sérieuses commencent.» 

Bouquetins
1. PANORAMIQUE Deux bouquetins mâles se précipitent l’un contre l’autre devant le Mont-Blanc de Cheilon et la Ruinette
Bouquetins
2. INTIMIDATION Cornes en avant et échine courbée, les mâles se jaugent avant le combat
Bouquetins
3. PHÉROMONES Le flehmen, cette attitude consistant à lever la lèvre supérieure, permet au mâle de capter les molécules odorantes de la femelle
Bouquetins
4. AVANT LE CHOC Installé plus haut dans la pente que son adversaire, ce mâle s’aide de la gravité pour augmenter la puissance de sa frappe
Bouquetins
5. AMORTIR Nuque fléchie, l’animal de gauche se prépare à encaisser le coup.

Clément Grangjean

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