Ce chat surprend par sa peau quasiment nue et ses grandes oreilles, qui lui donnent un aspect étrange. Fuyant la solitude, il apprécie particulièrement la compagnie.

«Mon mari rêvait depuis longtemps d’adopter un sphynx. La première fois qu’il m’en a montré un en photo, je lui ai dit: «Jamais!» L’apparence pour le moins étrange de la race rebute en effet nombre de personnes, qui trouvent laide son absence de poils et s’étonnent de ses plis sur la tête. Sans oublier l’étrangeté de découvrir un félin sans moustaches. Pourtant, malgré une première réaction négative, Laetitia Samiez s’est laissé convaincre de rendre visite à un élevage. «Les chats sont venus sans crainte vers nous, en recherchant intensément le contact, explique la trentenaire, vivant à Gland (VD). J’ai été surprise, ne m’attendant pas à un tel échange. Ce caractère particulier m’a séduite au point de dépasser ma retenue et d’adopter mon premier sphynx, bientôt suivi par d’autres.» Ce chat a en effet la réputation d’être toujours dans les pattes de son propriétaire, aimant monter sur ses épaules ou se blottir sur ses genoux. Spécialement collant, il ne convient pas à une personne aimant les chats indépendants. «Alice et Nylo me suivent à la trace dès que je me déplace dans l’appartement, confirme Laetitia Samiez, qui est devenue une ardente défenseuse de la race. Ils ne supportent pas la solitude.» 

À la mode 

Ces dernières années, l’intérêt pour le sphynx a fortement augmenté. «Les amateurs de chats savent désormais à quoi ressemble cette race récente», confirme Yannick Samiez. Pour le couple, l’élevage s’est rapidement imposé comme une suite logique, afin de permettre à d’autres familles d’adopter ce chat qui les a conquis. Quatre portées ont déjà vu le jour, alors que la cinquième devrait naître sous peu. Les éleveurs sont très attentifs à tester systématiquement les maladies génétiques qui peuvent toucher la race, comme la cardiomyopathie hypertrophique, afin de s’assurer que ses géniteurs en sont exempts. Mais contrairement à ce que son apparence pourrait laisser supposer, le sphynx n’a pas une santé fragile. Une couche de graisse le protège du froid en hiver. La couleur de sa peau et de ses yeux varie d’un sujet à l’autre. Certains sont unis, d’autres bicolores. Si le derme n’est pas pigmenté, il peut craindre le soleil. «Personnellement, j’aime plus particulièrement ceux qui sont entièrement blancs, comme notre mâle Nylo», souligne Yannick Samiez. 

Pas besoin de sortir l’aspirateur 

Si le sphynx ravit ceux qui n’aiment pas retrouver des poils de chat dans tout leur appartement, sa peau nue présente un inconvénient, plus ou moins marqué selon les individus. Le sébum qu’elle produit n’étant pas absorbé par les poils, il a tendance à se déposer sur les endroits où l’animal se tient. Les canapés blancs sont donc à proscrire! Certains préconisent des bains réguliers. «Je suis plutôt contre, car les produits utilisés enlèvent la couche de protection naturelle de la peau», note l’éleveuse. À cause de l’absence de poils, certaines personnes allergiques aux chats imaginent à tort avoir trouvé la race qui résoudra leur problème. Mais les allergènes étant présents dans la salive et les glandes sébacées, le sphynx peut déclencher des réactions d’hypersensibilité. Néanmoins, leur apparence particulière est un atout: l’allergène reste sur la peau et ne se disperse pas partout dans l’environnement avec les poils. Les réactions allergiques sont donc souvent moins marquées. Douce au toucher, leur peau nue présente un autre avantage de taille en cette saison. «En hiver, ce sont de vraies bouillottes ronronnantes!», se réjouit le couple.

Chat Sphynx
Nylo», jeune mâle âgé de 3 ans.
Chat Sphynx
Laetitia Samiez, à Gland VD, n’a commencé l’élevage de sphynx que depuis mars 2018. Son rapport avec ses chats est quasi fusionnel.

Fiche signalétique

  • Origine Canada. 
  • Morphologie Chat de taille moyenne à l’allure élancée et à la musculature puissante. Sa tête allongée au long nez est dotée de grandes oreilles. La race est caractérisée par son absence quasiment totale de poils, à l’exception d’un fin duvet. Des plis, plus marqués chez les jeunes, sont présents sur la tête, le cou et les pattes. Toutes les robes sont admises, la peau variant du rose au gris foncé. 
  • Particularité Cette race est issue d’une mutation génétique naturelle apparue dans une portée de chats de gouttière en 1966 au Canada. Deux d’entre eux ont été ramenés aux Pays-Bas, où ils furent croisés avec des devon rex. Le premier standard de la race a cependant été décrit dans les années 1980 en France. À noter que d’autres chats nus sont apparus au cours des siècles passés, sans qu’une sélection spécifique débouche sur la création d’une nouvelle race. 
  • Prix 1800 à 2200 francs pour un chaton sevré, vacciné et vermifugé, avec pedigree. 
  • Ses points forts Son apparence insolite. Son caractère affectueux et extraverti. S’adapte bien à la vie en appartement 
  • Ses points faibles Sensible aux coups de soleil selon la robe de base. Nécessite un nettoyage régulier des oreilles pour enlever le surplus de sébum. 
  • Élevages en Suisse romande Élevage Noxina, Laetitia Samiez, Gland (VD), www.elevagenoxina.com, Cat Club Romand, www.catclubromand.ch, Cat Club de Genève, www.catclubdegeneve.ch 

Témoignage d'une propriétaire

Marina Guillet, de Saint-Oyens (VD), et Flanelle 

«J’ai toujours aimé l’esthétisme qui se dégage des sphynx. Leur absence de poils met en valeur leur silhouette élancée et leur musculature, tout en leur donnant un aspect adorable d’extraterrestre. Je trouve leur visage particulièrement expressif, presque humain. Flanelle, qui n’est âgée que de 5 mois, passe beaucoup de temps à jouer. Elle m’épate par sa confiance et sa décontraction vis-à-vis de son environnement. Il y a peu, j’ai remué ciel et terre pour la retrouver, alors qu’elle faisait simplement une sieste sous le canapé. Lorsque des amis font sa connaissance, ils trouvent souvent son apparence étrange. Certains, dépassant leur crainte de la toucher, sont alors surpris par la douceur et la chaleur qui se dégagent de sa peau.» 


Véronique Curchod