En cas de blessure par un congénère, il convient d’être attentif au type de plaie et au comportement de son animal. Une prise en charge correcte permet d’éviter que son état de santé se détériore. 

Une bagarre un peu vive, un animal qui défend son territoire ou ne veut pas céder son jouet: un affrontement entre chiens peut rapidement déboucher sur une morsure. La localisation et l’importance des lésions qui en résultent déterminent s’il s’agit ou non d’une urgence obligeant l’intervention rapide d’un vétérinaire. Des plaies superficielles et de petite taille ne nécessitent pas forcément une prise en charge immédiate. Celles-ci doivent être nettoyées, puis désinfectées avec une solution antiseptique de type Bétadine. Le maître doit alors prendre garde aux réactions de son animal, la douleur pouvant déboucher sur des attitudes inhabituelles. 

Mieux vaut prévenir que guérir 

Toute blessure plus importante semblant s’accompagner de lésions secondaires, comme une rupture de la paroi abdominale ou thoracique, voire de signes cliniques comme un état de choc, peut engager le pronostic vital du chien et doit être traitée dans les plus brefs délais. «Attention, certaines morsures semblent à tort peu profondes, met en garde Joël Carron, du cabinet vétérinaire de la Charbonnière, à Prilly (VD). Mais elles sont souvent plus graves qu’il n’y paraît, les crocs pouvant s’enfoncer profondément.» 

La gueule d’un chien contenant de nombreuses bactéries, le risque que la blessure s’infecte est élevé. Pendant plusieurs jours, le propriétaire doit donc être attentif à tout changement de comportement de son animal et surveiller l’apparition de gonflement, rougeur ou écoulement purulent. Il vaut également la peine de contrôler la température corporelle, qui doit être située entre 38 et 38,9 degrés. «Dans la majorité des cas, nous devons prescrire un traitement antibiotique», observe le vétérinaire vaudois. 

Désormais, toute morsure doit être signalée par les professionnels aux autorités compétentes. Celles-ci évalueront notamment dans quel cadre l’incident s’est déroulé et quelle a été la gravité des blessures infligées, afin de savoir quelle suite y donner. Dans certains cas, le propriétaire de l’animal mordeur peut être convoqué pour une évaluation du comportement de son chien. Pour prévenir les accidents, il convient de l’éduquer correctement et de le socialiser à ses congénères dès son plus jeune âge.

Chiens qui se bagarrent
RESPONSABILITÉ ENGAGÉE Selon la loi, tout propriétaire d’un chien doit en permanence en avoir le contrôle. Si un accident avec un tiers se produit, il engage donc sa propre responsabilité. En cas de bagarre sévère, le propriétaire de l’animal qui a mordu doit par conséquent prendre en charge l’entier des frais vétérinaires liés à l’agression. Cette indemnisation vaut même si son chien s’est échappé. Si on possède un canidé, il est donc judicieux de vérifier au préalable auprès de son assurance responsabilité civile si elle entrerait en matière dans un tel cas, le coût d’une intervention pouvant vite se chiffrer à plusieurs centaines de francs.

Véronique Curchod