Ce parasite possède des propriétés étonnantes qui peuvent être utilisées pour soigner divers troubles des chats et des chiens. Découverte d’un remède alternatif surprenant. 

À première vue, avoir recours à des sangsues pour soigner son chien ou son chat a de quoi surprendre. L’allure de ces parasites visqueux qui s’accrochent à la peau pour se nourrir de sang est pour le moins rebutante. Pourtant, elles sont réputées pour leurs propriétés anticoagulantes, anti-inflammatoires et anesthésiantes, qui sont parfois utilisées en médecine vétérinaire. En ponctionnant leur repas, elles injectent en effet diverses substances ayant un effet thérapeutique. Les sangsues ont l’avantage de ne pas provoquer d’effets secondaires. «J’ai principalement recours à cette technique pour soigner des othématomes, soit des poches de sang qui se forment entre la peau et le cartilage de l’oreille, d’origine auto-immunitaire, explique Ann Parvis, du cabinet vétérinaire des Jordils, à Yverdon-les-Bains (VD). Cette solution permet de renoncer aux traitements à base de cortisone, qui ne sont pas toujours bien tolérés. Je l’utilise aussi chez les chats lors de caillots dans l’aorte, en complément de médicaments, ainsi que sur de larges plaies infectées.» 

Une sensation étrange 

En Suisse romande, rares sont les vétérinaires à s’être formés en hirudothérapie, le nom savant pour désigner l’utilisation thérapeutique de sangsues. Un examen clinique préalable, ainsi que d’éventuels examens médicaux complémentaires permettent de positionner ces dernières à l’endroit le plus judicieux. L’emplacement sur la peau est rasé et nettoyé avant la pose. Les sangsues s’accrochent ensuite à la peau de leur hôte grâce à leurs trois mâchoires acérées contenant 90 crochets. Bien que le parasite injecte une substance antidouleur lors de la morsure, l’animal peut ressentir une brûlure un peu désagréable pendant quelques minutes. «Il suffit souvent de détourner un peu l’attention du chien à ce moment-là, note la vétérinaire vaudoise. Il est fréquent par contre que je fasse une petite anesthésie chez le chat, qui a moins de patience.» La séance dure 20 à 30 minutes, le temps du repas d’une sangsue, durant lesquelles l’animal doit se tenir tranquille. En effet si le chien secoue trop souvent la tête, la sangsue finit par se détacher. «Je place souvent deux sangsues lorsque l’hématome est important. Le traitement doit en principe être répété trois fois.» Une fois repues, celles-ci se détachent spontanément de la peau. 

Sangsue
À USAGE UNIQUE On trouve des sangsues, qui sont protégées, dans certains étangs et tourbières suisses. Cependant, celles qui sont utilisées à des fins thérapeutiques proviennent d’élevages spécialisés, afin de ne pas nuire à l’espèce en milieu naturel et de garantir une hygiène irréprochable. Bien qu’elles puissent vivre une année après un repas de sang, elles ne sont employées qu’une seule fois, puis éliminées. Les praticiens n’ont en effet pas le droit de les réutiliser, à cause des risques de transmissions de maladies.

Véronique Curchod