Pro Natura a choisi ce mammifère nocturne comme ambassadeur en 2022. Le recul de sa population, dû à un manque d’habitats adaptés à l’espèce, illustre l’importance de préserver nos forêts sauvages. 

Cousin du Loir

Commençons par une précision. Si le lérot est bien l’animal de cette nouvelle année, celle de ce petit rongeur ne débutera véritablement qu’en avril prochain. Nous ne pourrons donc l’observer qu’une fois sa longue hibernation terminée. Avis aux amateurs: il faudra ensuite s’armer de patience, car ce joli mammifère pas plus haut qu’une pomme de pin se fait plutôt discret. En raison de ses moeurs nocturnes, et parce qu’on le rencontre de moins en moins dans nos campagnes. Comme son illustre cousin le loir, il appartient à la famille des gliridés et compte aussi d’autres proches parents que l’on retrouve en Suisse, tels le lérotin commun et le muscardin. Impossible toutefois de confondre le lérot avec ces espèces. En plus de son beau pelage ventral blanc et du duvet brun-gris qu’il arbore sur le dos, il se distingue au premier coup d’oeil par son regard cerclé de noir et le pinceau noir et blanc très élégant qui orne le bout de sa queue. 

Habitat Diversifié

Le lérot n’est présent qu’en Europe, bien qu’il ait disparu d’une grande partie de ses territoires d’origine, principalement à l’est du continent. Le petit rongeur apprécie particulièrement les environnements très naturels, constitués de vieux arbres, de bois mort, de zones rocheuses et de buissons. Mais si son habitat préféré est la forêt, il se plaît également en dehors de celle-ci, lorsqu’il trouve des espaces suffisamment diversifiés. Les paysages ruraux traditionnels, par exemple, avec leurs vergers, leurs haies et leurs granges ouvertes, constituent des lieux de vie privilégiés. 

Grand Dormeur

L’automne, lorsque les journées se font plus froides, ce charmant petit mammifère cherche refuge dans la cavité d’un vieil arbre, une fissure dans les rochers ou à l’intérieur d’une vieille grange. Une fois son quartier d’hiver trouvé, il rabat ses oreilles, enroule sa queue sur lui-même et ferme ses yeux pour entamer son long sommeil. Ses fonctions corporelles sont alors réduites au minimum et une sorte de thermostat naturel empêche la température de son corps de descendre en dessous du point de congélation. Les mois qui suivent sont toutefois cruels: près de la moitié des jeunes ne survivent pas à la saison froide. 

Régime Omnivore

Au printemps, la vie active reprend pleinement et le lérot ne perd pas son temps. En avril, tout juste sorti de sa longue pause hivernale quand les jours se réchauffent, le voilà déjà occupé à se reproduire. Après environ trois semaines de gestation, les femelles mettent bas entre quatre et six petits dans un nid sphérique et douillet constitué de feuilles, de mousse, d’herbe et de plumes. Le mâle ne se préoccupe guère de sa progéniture. Les bébés sont sevrés après un mois et s’en vont alors explorer les environs avec leur mère. La famille se sépare quelques semaines plus tard, mais il arrive parfois que les jeunes se regroupent à nouveau pour hiberner. Une fois adultes, ils mesureront entre onze et quinze centimètres de long pour une soixantaine de grammes en moyenne. Leurs expéditions nocturnes leur permettent d’attraper l’essentiel de leur nourriture. Car ce mammifère n’est pas végétarien, mais omnivore. À côté des noix, baies et autres fruits croisés sur son chemin, il se nourrit volontiers aussi de petits invertébrés, de lézards, de grenouilles et même de jeunes oiseaux. 

Toujours plus discret

En Suisse, sa population semble être en recul. Aucune observation récente n’a par exemple eu lieu sur le Plateau. Son aire de répartition principale se situe autour de 1400 mètres d’altitude. La raréfaction de ses habitats est la première explication logique de ce déclin. C’est l’une des raisons pour lesquelles Pro Natura a choisi de mettre en lumière cet animal en 2022. Les autres causes de sa raréfaction sont étudiées en ce moment même grâce à un projet de grande envergure mené sur ce rongeur, en Allemagne, et dont les premiers résultats devraient être connus ce printemps.

Lérot
Ce mammifère de la famille des gliridés sortira de son hibernation en avril. Originaire d’Europe et présent en Suisse, il vit dans les habitats forestiers diversifiés et apprécie tout particulièrement les cavités des vieux arbres.

Aurélie Jaquet

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