La majorité des chats de race, plus sociables et plus calmes que ceux de gouttière, s’accoutume à une privation de sorties. Le caractère et le vécu influencent néanmoins leur capacité de vivre dans un espace clos. 

Avec une population estimée à quelque 1,6 million d’individus, le chat est sans conteste l’animal de compagnie préféré des Suisses. Nombre de propriétaires habitent en milieu urbain et ne veulent pas renoncer à la compagnie de ce félin attachant. Certains d’entre eux, résidant dans un immeuble, n’ont pas la possibilité de le laisser aller et venir à sa guise. D’autres craignent que leur protégé soit victime d’un des nombreux dangers qui guettent le chat vivant en extérieur – accidents de la circulation, bagarres, vols. 

Cet animal est donc de plus en plus souvent détenu en appartement, sans possibilités de sorties au grand air. Si sa taille modeste semble adaptée à la vie en intérieur, tous les chats ne sont cependant pas faits pour être ainsi enfermés. Ce félin a en effet gardé un comportement et des besoins proches de ses ancêtres sauvages. En revanche, les chats de race, comme le ragdoll ou le persan, ont pour la plupart un caractère plus tranquille que ceux de gouttière de type européen et se prêtent donc mieux à ce type de détention. 

Enrichir son environnement 

«En revanche, d’autres, tels le bengal ou le savannah, issus de croisements avec des chats sauvages, ont beaucoup d’énergie à dépenser, ce qui n’en fait pas des chats d’intérieur par excellence, observe Patrick Lardon, président du Cat Club romand. Mais, plus que la race, ce sont les premières semaines de vie qui sont déterminantes pour faciliter l’acclimatation à une vie en appartement. Il est donc important de choisir un sujet qui a bien été sociabilisé et manipulé, afin qu’il ne soit pas craintif. Si ce critère est rempli, le propriétaire peut opter pour n’importe quelle race, en fonction de son attirance personnelle pour tel ou tel chat, de la longueur de son poil, de sa couleur, de son gabarit et de son caractère.» 

Si le chat est connu pour son caractère indépendant, il demande cependant une présence plus importante de son maître quand il vit en appartement, sous peine de développer des troubles comportementaux. Pour que le bien-être de l’animal soit assuré, il est donc important d’aménager les lieux en conséquence. «Une gamelle et un bac à litière ne sont pas suffisants pour répondre aux besoins naturels, souligne l’éleveur neuchâtelois. Le chat doit notamment pouvoir grimper en hauteur et se faire les griffes sur un objet approprié.» Il convient donc de structurer et d’enrichir son territoire en différents espaces, pour lui permettre de se reposer, manger, jouer ou observer en utilisant la 3e dimension. Les classiques arbres à chat peuvent être ainsi complétés par des aménagements faits maison qui permettent aux félins de monter sur les étagères. Ils apprécient tout particulièrement de pouvoir jeter un oeil à l’extérieur, depuis le rebord d’une vitre. «Il est important de proposer des distractions avec des jeux variés afin de les stimuler, note Patrick Lardon. Certains contiennent de la valériane, une substance que les chats adorent.» 


Surveiller le poids

Les chats vivant en appartement sont prédisposés au surpoids. Manquant d’activités, nourris parfois de façon excessive ou compensant leur anxiété par de la boulimie, ils ingèrent plus de calories qu’ils n’en dépensent. Au-delà du seul critère esthétique, les conséquences de ces comportements pour leur santé ne doivent pas être sous-estimées. L’obésité favorise en effet l’apparition de certaines maladies, comme le diabète, et aggrave les pathologies déjà présentes, réduisant la qualité et l’espérance de vie.


Quatre races d'intérieur

Le sacré de Birmanie 

Reconnaissable grâce à ses yeux bleus, cet élégant félin a l’extrémité de ses pattes blanches, donnant l’impression qu’il porte des gants. Son pelage mi-long est particulièrement soyeux. Aimant la plupart du temps la tranquillité, il a néanmoins un caractère joueur.

Sacré de birmanie

Le bleu russe 

Gracieux et musclé, il possède un pelage court bleu argenté, qui met en valeur ses yeux verts. Son poil est aisé d’entretien. Plutôt discret, ce solitaire n’apprécie guère le bruit et l’agitation. Il n’est pas conseillé aux familles dont la vie est agitée.

Bleu russe

Le persan

Cette véritable peluche vivante tout en rondeur a un caractère placide. Il se reconnaît facilement à son nez aplati. Affectueux, il a besoin de beaucoup d’attention. Son pelage angora, long et fourni, nécessite un entretien régulier. Toutes les robes sont admises.

Persan

Le ragdoll

Ce chat de grande taille au poil mi-long a un tempérament extrêmement calme. Son nom provient d’ailleurs de sa tendance à se laisser aller comme une poupée de chiffon quand on le porte. Très sociable avec les enfants, il convient bien aux familles.



Questions à

Marylène Wassenberg, comportementaliste du centre de formation Monde du chat, à Aubonne (VD) 

À quoi faut-il prendre garde quand on adopte un chat destiné à ne pas sortir? 

Tout ce qu’expérimente un chaton durant ses quatre premiers mois de vie est marqué de manière indélébile dans son cerveau. On comprendra donc que des expériences de chat libre ne s’oublient pas et vont provoquer beaucoup de stress chez l’animal, si ce dernier reste par la suite enfermé en appartement. Il est ainsi primordial qu’il n’ait jamais goûté à la vie 

en extérieur. Outre les expériences vécues durant la prime enfance, la partie génétique et individuelle entre également en ligne de compte et va influencer son comportement futur. 

Vaut-il mieux adopter un ou deux chatons? 

L’ennui est très difficile à supporter pour un chat enfermé en appartement. Le propriétaire 

a donc la responsabilité de garantir quelques heures d’activités quotidiennes à son animal: jeux interactifs, mouvements dans le milieu de vie, sorties sur un balcon sécurisé, nourriture à chercher. Si l’animal est destiné à se retrouver seul en appartement durant des journées entières à cause de l’activité professionnelle de son maître, il est préférable de prévoir dès 

le départ l’adoption de deux chatons. Cela permet de créer des occupations supplémentaires de jeux et de marquage. 

+ D’INFOS www.mondeduchat.ch 


Véronique Curchod